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25/12/2012

Retour à Raihël !

Un zoli conte de Noël

un conte

       Il était deux fois un joli pays que l’on nommait Raihël, peuplé d’adorables créatures : les raihëliens et les raihëliennes. Deux fois, parce que512552320.jpg souvenez-vous : il y a bien longtemps déjà que nous y étions allés une première fois [1]. Ce n’est pas parce que le conte est assurément du genre fictif qu’il est censé nous laisser croire au père Noël [2, notes 236 à 239] en nous baratinant de faits peu conformes à un Raihël qui soit là, pour toutous [3, AV note 41][4][5] ! D’où qu’il fusse plutôt deux fois qu’une : et toc [6].


       Souvenons-nous également : notre première visite ne s’était-elle pas achevée sur une note inquiétante [7, note 2], malheureusement [3, APR note 30/2] infidèle à la règle du conte voulant qu’ils fussent heureux et eurent beaucoup d’enfants ? Comment en effet en avoir beaucoup s’ils disparaissent les uns après les autres ? Il y avait de moins en moins d’enfants et de plus en plus de gentils docteurs. La question se pose alors, aussi lancinante qu’oppressante : qu’en est-il à présent de cette mutation de la population raihëlienne que nous avions laissée à son triste sort ? Que faire des cubes de toutes les couleurs, des petits trains, des poupées, des ours en peluche et des petites voitures télécommandées dont on n’avait jamais besoin de changer les piles : toutes distractions qui, pour plaisantes qu’elles fussent, devaient vraisemblablement passer pour méprisables aux yeux de la population devenue massivement majoritaire : à savoir, celle des gentils docteurs ?


       De toutes les couleurs ? Vous allez rire : Raihël était devenu un pays en noir et blanc ! Non que la couleur en eusse été explicitement bannie -ou que l’on y eût exhumé des projecteurs d’ancienne génération [8, APR note 64]-, mais il se trouvait tout simplement que le noir et le blanc en était devenus au fil du temps les deux teintes prédominantes. On entend d’ici les esprits forts croyant avoir déjà deviné de quoi il retournait [9] : le noir est sûrement celui du croque-mort [10, notes 85 à 96][11, note 214], le blanc celui du gentil docteur. Ces esprits forts en seront pour leurs frais : car ni l’un ni l’autre ne sont réputés marcher à quatre pattes. Eh oui : la grande nouveauté de Raihël était que désormais on y marchait ainsi. Même dans le plus fantaisiste des contes, il est en effet de bon ton que le loup [12][12bis] et l’agneau [13][13bis][14] marchent à quatre pattes. Ah, voici que les esprits forts se ressaisissent in extremis : ils viennent bien sûr de mieux identifier la distribution du noir et du blanc !
       Perspicaces jusqu’au bout, ces mêmes esprits forts ne seront-ils pas simultanément saisis d’effroi à la pensée que cette relative monochromie revête un sens plus symbolique [3, note 4/2] ? Cette fois, ils auront raison : car le doux [15]|15bis][16] pays de Raihël était en proie à une guerre [17][18, notes 86 à 96][19, notes<116>] incessante. Larvée [20][21, APR note 1][22] sans doute : mais néanmoins incessante. Ils auront raison, parce qu’ils auront bien compris que cette cohabitation loups/agneaux sur un même territoire ne pouvait guère se dérouler sans heurts [23][24, APR note 159]. Enfin, ils auront raison… parce qu’ils considèrent ces événements de loin, ne vivant pas sur place : c’est-à-dire, là même où depuis des temps immémoriaux il n’était plus nécessaire d’user de la raison [25] pour avoir raison [26][27]. À condition d’être de la "bonne" couleur, bien entendu. Le fait est que s’y était imposée l’idée saugrenue que seul le blanc avait raison ! Il pouvait bien être surpris quatre-cents fois [2, note 223] la main dans le sac de son tort [28][29] tout noir, peu importait [30, notes 29 à 35] : à Raihël, c’est lui qui avait "raison". Dans un réel qui est là, pour tous [3, AV note 41], on imagine aisément les cris d’indignation vertueuse [31, APR note 5][32, note 40] poussés par la plupart des ligues antiracistes [33][34, APR note 32][35] de la planète : hélas, nous sommes dans un conte. Et dans un conte, rien ne choque personne [36, APR note 142][37, note 305] : c’est dire que le conteur n’a pas à se gêner aux entournures pour y ajouter de la fantaisie.

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       Tenez, par exemple : que l’on marchât sur ses deux jambes ou à quatre pattes, il n’y avait rien de changé à la règle fondatrice de Raihël : défense d’y compter jusqu’à plus de dix [1]… sous peine de se faire peinturlurer en noir : pouah ! Alors, inutile de vous dire que [38, AV note 13]  les fruits étaient à l’avenant. D’abord, le gouvernement raihëlien n’avait pas attendu les derniers résultats scientifiques montrant [39] que les tests de mesure du QI étaient insuffisants pour mesurer l’intelligence globale [40] : un brin précurseur, il les avait rigoureusement interdits depuis des décennies. En effet, les lobbies liés au C.O.N. (Comité d’Organisation de la Niaiserie [41, notes 61 à 66]) avaient été en leur temps assez efficaces pour le mener à cette décision. Celle-ci était d’ailleurs inutile, puisque l’objet de cette interdiction l’était lui-même. De fait, à Raihël personne n’était jamais parvenu à faire décoller un tant soit peu l’aiguille du plus sensible des "QI-mètres" : en dépit de sa potentialité, les rares exemplaires de ce remarquable instrument de précision avaient donc rapidement été délaissés ; à ce jour, tous sont irrémédiablement si grippés que même un visiteur étranger serait bien incapable d’en soutirer la moindre indication !


       Ce qui n’a pas grande importance ; avec ou sans interdiction, l’autochtone raihëlien n’éprouvait strictement aucun intérêt au QI : celui-ci lui était devenu en quelque sorte un quotient d’indifférence [42]. De plus, régnait à Raihël un redoutable concurrent, omnipotent : le QD. Il y avait le QD global, à l’usage des blancs agneaux. Et l’hyper-QDD [43], à l’usage exclusif des gentils docteurs. Voilà qui demande certainement [44] un minimum d’explications [45], les esprits forts eux-mêmes séchant lamentablement devant le caractère abscons de ces initiales. Le QD ? Quotient de dangerosité [38, notes 4,5][46], voyons ! Ce qui coule de source [47], là où loups et agneaux devaient péniblement se partager le même territoire.france-monte-zone-rouge-L-1.jpeg Quant à l’hyper-QDD, si le premier D appartenait plus que jamais à la dangerosité [48, APR note 151], son alter ego était tout simplement celui du discernement. Afin que les gentils docteurs ne soient pas trop surmenés par l’utilisation de leur discernomètre, le fabricant de ce merveilleux instrument de mesure avait eu le bon goût de leur en simplifier le mode d’emploi ; pas de cadran muni d’une aiguille sur celui-ci : ce qui lui confère un risque zéro [49] en rapport avec une fréquentation trop assidue de zone rouge, à l’image de ce qu’en attestait par exemple celle des jalousimètres [50]. En lieu et place du cadran ? Un seul curseur, qui se positionnait automatiquement sur trois degrés, en fonction du mesuré : "discernement OK" dans la position la plus haute avec voyant vert (souvent aussi grippée qu’un "QI-mètre"), "middle-discernement" dans la position intermédiaire (voyant orange, signifiant "l’altération du discernement"[51, notes 13 à 15][52, note 262]), enfin "discernement-out" dans la position la plus basse (voyant rouge, signifiant "l’abolition du discernement"[51, note 16][52, notes 263,264]). Notons que l’ampoule du voyant rouge étant réputée être celle qui grillait le plus rapidement, certains utilisateurs faisaient montre d’astuce en la remplaçant subrepticement par celle du voyant vert, évitant ainsi avantageusement à celui-ci de se gripper. Soulignons également que ce précieux [53, note 38(<411)] discernomètre leur fournissait ainsi une formidable démonstration "clinique"[54] de la dangerosité du mesuré. De leur côté, les agneaux étaient ravis de se voir ainsi confirmés [55, APR note 153][56] dans leur crainte des loups [57], puisque ce matériel ultra-performant ne leur était pas accessible.

Discernometre-dernier-cri.jpg


       Approfondissons un peu la réponse à la question aussi lancinante qu’oppressante [0, APR note 7] : un singulier détail ne pouvait échapper aux visiteurs de Raihël qui en étaient demeurés à leurs premières impressions [3, APR note 44] à l’issue de leur voyage précédent [1]. Ce détail est qu’il est partiellement inexact de souligner qu’on y marchait à présent à quatre pattes. Il serait en effet plus juste de 1052230513.jpgpréciser qu’on y marchait plutôt avec quatre pattes. Car on y marchait sur le dos [58, note 30], conformément aux nouvelles réglementations en vigueur. Autrement dit, si les pattes bénéficiaient d’une certaine promotion, passant du statut de membres inférieurs à celui de membres supérieurs, les raihëliens et les raihëliennes en subissaient la fâcheuse contrepartie par un mode de locomotion étant devenu si incommode qu’il passait, lui, du supérieur à l’inférieur. Certains étrangers auraient reçu quelques confidences de leur part, apprenant avec stupéfaction que nombre d’entre eux enviaient souvent l’anatomie des vers [59] -et autres serpents [60][60bis]-, bestiaux ayant l’heur de ne pas être affublés de ces proéminences inutiles constituant une véritable insulte à l’aérodynamisme nécessaire… particulièrement lorsqu’il s’agit de fuir [61][62][63][64][38, notes 1 à 3][65][66][67] les loups.

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      Naturellement, ayant remarqué qu’ils fuyaient plus vite sur leur pattes que sur le dos, nombre de blancs ont bien essayé de se soustraire à ces nouvelles réglementations en vigueur. Mais le gouvernement raihëlien s’était montré implacable à leur sujet : sitôt rattrapés, ils étaient proprement CONSTATÉS, ORDONNÉS, DITS, CONDAMNÉS et SUCCOMBÉS [24, notes <167>]. En clair (si l’on peut dire), ils étaient précipités sur-le-champ dans un baril de goudron, d’où ils émergeaient tout noirs : dura Raihël lex, sed Raihël lex. S’en suit la légitime 3004844474.jpginterrogation qui, elle, émerge de tant de rigueur : pourquoi avoir si amèrement redéfini le concept de la pitié [7,6,9] ? La réponse est aussi simple que mystérieuse [68, APR note 105?] : tous les gentils docteurs de Raihël avaient été frappés de plein fouet [69][69bis] par le syndrome du poirier [70][70bis]. Ce qui veut dire qu’ils ne pouvaient rien faire d’autre que le contraire de ce qu’ils disaient [7, notes 13][71][72, APR note 414]. Ou bien, ils ne pouvaient rien dire [73, notes 25 à 45] d’autre que le contraire de ce qu’ils faisaient : ce qui ne valait guère mieux. Or, comme ils s’étaient déjà taillé dans tout le royaume une solide réputation de spécialistes compétents [74][75] à transformer les loups en agneaux [76, note 85(<185)], ils redoutaient que chez ces derniers, l’un ou l’autre ne finisse par s’apercevoir que le seul aspect sur lequel ils étaient imbattables ne dépassât guère celui de leur hyper-compétence à transformer les agneaux en loups [76, notes 27/1>14][77][77bis][78][79][80][81][82][83][84][85][86]. Afin de se prémunir d’un tel choc (les plus empathiques [45, APR note 55] désirant plutôt préserver les agneaux de tout traumatisme, les sachant fragiles [2, note 248]…), quoi de mieux que les contraindre habilement à se retourner [9] ? Ainsi, que "voyaient"[87, notes 187 à 193] les raihëliens et les raihëliennes dans une telle position ? Uniquement des gentils docteurs "transformant les loups en agneaux" : le tour était joué ! De plus, obnubilés par l’inconfort de leur situation et tout à leur soumission [88][89][90, notes 167 à 171] aux loups gentils docteurs, qui, parmi les agneaux songerait encore à leur subtiliser clandestinement un de leurs discernomètres ? Aucun !


      Puisqu’il était deux fois… et que vient l’heure de rendre conte [30, notes 29 à 35][91, notes 200 à 202], voici que se profile une grande joie : en effet, ces deux fois ne méritaient-elles pas de se solder [92] par deux fins ? Aussi proposerons-nous d’abord celle-ci :

1°) Les noirs furent heureux, et ils firent beaucoup d’enfants [93>114:].

[93][94][95][96][97][98][99][100][101][102][103][104][105][106][107][108][109][110][111][112][113][114]

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      Enfin, celle-là, à l’intention des contés [115] au cœur plus solide :
      2°) Les blancs furent peureux [116][117][118][119][120][121][122][123], et ils étranglèrent [124][125] beaucoup de petits n’éléphants [126][127][128][129].

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podcast

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19/12/2012

Si l'âme est ricaine... l'arme et larmes le sont-elles aussi ?

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( Titre original : Quand l'Amérique nous pose des lapins... (8) )

Suite et fin de : Lapinlogie du terrorisme.

La peur, partie 1                                                   La peur, partie 2 – le pouvoir du NON

 

         En écho à Dan & Sheila Gendronaméricains écrivant pour des américains, peuple très manipulé par la peur- voici que d’autres ont récemment écrit à propos des mêmes américains… sans être américains. Un témoignage d’origine européenne, celui-là, dont l’auteure est peu suspecte d’américanophilie exacerbée (!)… mais qui a néanmoins le mérite d’exprimer une vision externe de l’Amérique prise sur le vif, parce que manifestement hors des habituels sentiers battus touristiques ou professionnels. Sans doute une telle vision est-elle un brin orientée, et relate des faits remontant à plusieurs années en arrière : mais cela ne nuit nullement à son intérêt ; notamment en ce qu’en matière de ''peuple très manipulé par la peur'', on pourrait légitimement se demander si nos deux auteurs autochtones ne sont pas encore… en-dessous de la réalité ? Parallèlement, eu égard à ce à quoi la Bible est mêlée, on s’étonnera peut-être moins de ce qu’elle soit lue ''à l’envers''
       Par ailleurs, il convient de signaler que si ce témoignage remue sans doute d’anciens souvenirs chez son auteure, il n’en constitue pas moins sa réaction immédiate aux très récents événements qui ont ensanglanté le Connecticut [301]. Morceaux choisis :

 

USA, modèle ou contre-modèle ?

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Les Américains ?
La Bible dans une main, le revolver dans l'autre !

 

[1] 20 ou 22 ans. Étudiante. Je rêve d'aller aux États-Unis, et même d'y rester ! Eldorado, n'est-ce pas ? Bourrage de crâne permanent, "l'ami américain", le "modèle américain", "l'american way of life"[0/1, note 128]. Pourtant, dans les rues parisiennes, parfois, une inscription : "USA go home" !

[2] Donc, je pars conquérir les États-Unis, avec une adresse en poche, celle de touristes américains, un frère et une sœur (20 ans environ) rencontrés à Grenade, là où j'ai vécu avec mes amis gitans, au sacro-Monte. Je les retrouverais à Boston... dans leur immense propriété au bord d'un lac, car c'étaient des gosses de riches. Accueil bourgeois - mais nous sommes aux Etats-Unis. Les bourgeois rotent en mangeant, et reposent leurs jambes sur les tables.Ils me donnent les adresses d'amis.

[3] Mais c'est à New York que j'arrive. Dans l'appartement du mari de ma sœur, allemand, riche homme d'affaires. En plein Manhattan, au milieu des insolentes cages de verre et des hurlements de sirènes. La violence est omniprésente ! Je m'abonne au Greyhound (bus sillonnant les USA), et je pars à la découverte du paradis américain. À l'aventure, ou chez les amis des amis. Des amis très vexés car déjà les monuments froids des Américains ne m'intéressent pas. Je leur demande de me montrer les ghettos, les quartiers noirs, hispaniques, italiens. Là où c'est vivant, coloré, chaleureux !

[4] Les villes américaines, les paysages me sont insupportables. Les sombres blocs d'immeubles avec leurs échelles d'incendie, les maisons toutes identiques, en bois, au milieu d'un lopin de terre, et puis des rues rectilignes, toutes les mêmes, tristement uniformes et prévisibles, des villages sans âme, avec des blocs carrés plus larges que les autres : les centres commerciaux, antres de la consommation et de la tentation.  Ou les steack houses. En trois jours, on a compris. Ce monde est sombre, laid, froid, sordide, sans personnalité. Pour égayer, pff ! De temps à autre des cimetières de carcasses de voitures désossées ou des garages en plein air, et partout des publicités géantes, envahissantes, broyeuses d'énergie. Beaucoup de psychiatres, et il y en a aussi pour les animaux. C'est un monde de fous ! Je suis vite dégoûtée.

[5] Washington. Munie de ma première carte de presse (je fais déjà des piges, pour le magazine Noir et Blanc), je me rends au Syndicat des Journalistes. Une immense tour. Le Président du syndicat des journalistes, M. Talbert (50 ans, 4 ou 5 fois divorcé), reçoit en personne la petite française, la jeune journaliste. Et le soir même, dans le taxi, il me demande en mariage : "Vous êtes jolie, jeune, charmante. Je veux vous épouser". Comment me débarrasser de l'importun ? Une idée, évidemment de génie ! Je parle politique. De Gaulle, alors, n'est pas populaire auprès des étudiants. Je le dis. "Ah, vous êtes communiste ?" (car je ne suis pas pour le pouvoir en place). "Descendez de la voiture. Pas de communistes aux États-Unis. Fichez le camp !"

[6] Salopard ! Il m'avait conseillé un peu plus tôt de ne jamais marcher seule dans une rue américaine, surtout à Washington, sinon je suis une femme morte. Sans doute vaut-il mieux une femme assassinée qu'une "communiste" vivante ! Décidément, les Américains sont charmants !

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C'est dans une maison comme ça qu'on m'a enfermée à Philadelphie.

 

[7] Après Washington, Philadelphie. Les "amis" de mes amis de Boston ne peuvent me loger, mais la maison de la voisine est vide, ils ont les clés. Ils vont m'y enfermer pour la nuit : Pour être sûre que je ne sorte pas sans eux, pour être sûre qu'on ne me descende pas ! Car les rues américaines sont dangereuses, très dangereuses. Plus tard, en retournant deux fois aux États-Unis pour reportages et livres sur les gangs de rues, je ne le 1686167376.jpgsais que trop. Un exemple ? Le couple d'évangélistes qui m'accueille avec mon mari, nous mettent au parfum : jamais seuls dans les rues ! Le soir, après avoir prié la femme du Pasteur attend son mari une matraque à la main. Pourtant, il stationne sa voiture juste devant le logement : à peine deux mètres à parcourir, mais c'est encore trop ! Le danger est partout, la peur est partout. Modèle américain ! Après tout, les Américains n'ont pas de culture, pas de passé, pas d'Histoire, pas d'éducation. La lie des Européens (repris de justice, etc.) est partie coloniser les terres indiennes, en massacrant les autochtones. Comme en Palestine, sans doute, "une terre sans peuple pour un peuple sans terre".  Des voyous, des assassins, réglant leurs problèmes avec la gâchette. Le Droit ? Non, la loi du plus fort, comme en israël. Un obstacle, même humain ? On sort le révolver. Dans l'autre poche, il y a la Bible. Aux États-Unis, colt et bible font "bon" ménage.  Les Amérindiens sont exterminés ou parqués dans des camps de concentration : holocauste sans commémoration ! Nettoyage ethnique, évidemment. La race supérieure, blanche, extermine la race "inférieure", rouge. Voilà le vrai visage de nos bons amis américains, autoproclamés démocrates, agissant pour la liberté, le Bien, voire Dieu. Ou le diable ? D'ailleurs, après les Indiens, voici le tour des esclaves noirs. Et les plus grands dirigeants du pays sont éliminés : Lincoln, Kennedy, Martin Luther King, Malcom X...

[8] Les villes américaines se succèdent, toutes identiques, sauf la New Orleans, au charme bien français, à la douceur de vivre, aux rues pleines de fantaisie. Est-ce pour cela qu'on a refusé de construire les digues pour protéger la ville insolente par sa différence ?

[9] Mes hôtes sont toujours les mêmes. Barricadés, vivant dans la peur de l'agression, ne sortant que pour le travail ou l'école, l'église ou le centre commercial. Ou Mac Do ! Les Américains sont dégoulinants de graisse. Et le chef de famille fait sa double journée de travail pour financer les études des enfants ou les soins médicaux. C'est ça le modèle qu'on veut nous imposer ? Sauve qui peut ! […]

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     Alors ? Accès d’américanophobie primaire (phobie externe [0/1, APR note 73][302,def.2]) de la part de notre témoin… ou constat d’américophobie (phobie interne [235][302,def.1]) sur le terrain même ? A priori, "être vite dégoûtée"[4] ne signe pas exactement une "philophobie"©[73, note<4>] démesurée !… (Devrait-on parler plutôt de "phobophilie"© ? De quoi se taper la tête contre les murs…)
     Pour le fun –mais surtout pour le relief saisissant que prennent alors leurs propos-, n’hésitons pas à rappeler ici la conclusion des deux articles de nos deux auteurs américains : ces derniers étant sur place tout au long de l’année, si leur parti pris est d’un ordre différent, il n’en est pas moins prégnant : ainsi la conjonction de ces deux témoignages (interne/externe) devrait-elle peut-être nous fournir un point de vue à peu près objectif de la situation américaine.

"Débarrassez-vous de la peur. Soyez bienveillants les uns envers les autres. Entraidez-vous. Aimez-vous. Ces actes laissent de moins en moins de place à la peur. Si ceci est un nouveau concept pour vous, démarrez tranquillement. Commencez avec votre famille, étendez-le à vos collègues, et ensuite à ceux que vous ne connaissez même pas. Une fois que vous sentez comme c'est bon de ne pas vivre dans la peur, cela peut devenir une habitude. Et cela ne va-t-il pas déjouer leurs plans ?"[0/1,(1>[§15])]

"Gandhi a battu l'empire britannique en disant NON. Dites NON à la peur. La souffrance s'arrêtera quand vous arrêterez de vous taper la tête contre le mur".[0/1,(2>[§19])]

        Alors, inutile de vous dire que [112, AV note 13] que c’est plutôt le "débarras de la peur" qui semble relever là-bas d’un "nouveau concept" [sic] : entre ce qui "peut devenir une habitude" et ce qui EST visiblement –et massivement [107, APR note 57]- une habitude acquise depuis des décennies, les "planificateurs"[53] ont encore de l’espace pour "jouer", et peuvent continuer "tranquillement" : à ce compte-là, "la souffrance" (et les bobos à "la tête tapée contre le mur") ont encore de beaux jours devant eux.

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[*][*] - [*][*]

 

           Naturellement, avant de conclure, une psyché sans tain ne saurait éviter de sauter à pied joints sur le paragraphe [4] de notre ultime témoignage : "beaucoup de "psychiatres"©, et il y en a aussi pour les animaux. C'est un monde de fous !" icon_eek.gif Plus exactement, c’est un monde de MORT [303, note 214][155][221]. Donc, de vautours [304, note 102][305, note 120][200/2, notes 119,120]. En effet, si nous nous débarrassons du revolver (première étape pour "se débarrasser de la peur" ?), nous avons les mains plus libres pour3915788206.jpg tenir la Bible dans le "bon sens". Ainsi pouvons-nous y lire, texto : « Là où il y a un corps, là aussi se rassembleront les vautours. »[304,Lc, APR note 102]. Ce qui est aisément très actualisable de la manière suivante… en Amérique comme partout ailleurs : « Là où il y a la peur, là aussi se rassemblent les "psychiatres"©[0/1, notes 8 à 11]À cet égard, la seule question qui pourrait -à la rigueur- se poser ressemble à celle de l’œuf et de la poule : la peur d’abord, et la "psychiatrie"© ensuite… ou l’inverse [228, APR note 151] ? Ce ne sont pas les "experts"©[306][306/2] qui manquent pour en "débattre"… ou les situations suffisamment mélangées [307] pour qu’une chatte n’y retrouve pas ses petits. Encore que si : à ce qu’il paraît, chez nous les "experts"© viendraient à "manquer"[308] ! (Le vent tournerait-il de ce côté-ci de l’Atlantique ?) Nous y reviendrons ultérieurement : pour l’heure, c’est l’Amérique qui nous intéresse. Notre témoin s’émeut de ce qu’il y ait aussi beaucoup de "psychiatres"© pour les animaux. Ce qui n’a pourtant rien de si étonnant. Explications :
1°) à défaut de génétique (!), faisons de la généalogie : faut-il rappeler l’étroite parenté entre le "psychiatre"© et le… vétérinaire [309][309/2] icon_eek.gif ? Une parenté ontologique [23,note 7][310, notes 93 à 97][183, note<93>], non de sang… mais une parenté tout de même : 3902744712.jpgles deux disciplines n’ont-elles pas en commun d’être parfaitement indépendantes de la parole [53,3°)][54, APR note 391][188] éventuellement déclamée par leurs patients respectifs ? On ne soulignera jamais assez que -ah mon Dieu qu’c’est embêtant ! [311, APR note 22]-  cela nuit quelque peu à l’accomplissement plénier de ceux d’entre eux qui, d’aventure, se piqueraient d’"exercer leur responsabilité sacrée de dire NON"[0/1,(2>[§16])].
2°) Le produit fini de la "psychiatrie"© étant appelé à la chosification [312, notes 77 à 80][67][113][185, notes 260,268][313] –puis à la "non-existentialisation"©[314]-, le plus sauvage des animaux (voire le moins ragoûtant [315]) lui est encore "supérieur"© puisque appartenant à l’honorable [38] classe des êtres vivants : il est donc relativement normal [64] que la "psychiatrie"© s’y intéresse aussi [316] icon_razz.gif !

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      Enfin, rappelons que la médecine générale est une branche de la psychiatrie_[317, note 22bis]. Dans ces conditions, on ne voit pas bien pourquoi la science vétérinaire elle-même n’en profiterait pas pour venir s’asseoir à son tour sur cette branche_[318] : il devrait y avoir de la place pour tout le monde [12, note<12>], non icon_rolleyes.gif ?

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(fichier Word 23 pages, sans les images)

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