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02/01/2013

L’empathie dans le pâté.

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          « Dans les sciences humaines [?], l'empathie désigne une attitude envers autrui caractérisée par un effort objectif et rationnel de compréhension intellectuelle des ressentis de l'autre. Excluant particulièrement tout entraînement affectif personnel (sympathie, antipathie) et tout jugement moral. »[1, note<34>>2]

        Auto-érigée en vertu cardinale [3, APR note 5] (avec la tolérance [4] ?) par tout ce que la planète compte de gentils lapins [5][5bis][6] néo-penseurs [7][8][9], l’empathie ne méritait-elle pas un petit détour ? Anomalie numéro un : hors même toute considération quant à la validité de l’appellation non contrôlée de sciences dites humaines [9, note 204][10], l’expérience et la pratique nous désignent une attitudeenvers autrui comme envers nous-mêmes- caractérisée par un effort objectif et rationnel de compréhension intellectuelle [11!!!] du mélange [12][13, APR note 21] entre objectivité, rationalité, compréhension intellectuelle [14][15][16][17][18][19][20][21][22][23]… et ressentis [24][25, AV note 182] : a fortiori, ceux de l’autre [26, notes<84>] ; a hyper-fortiori [27], ceux de l’autre qui n’y est pas [26, notes 187 à 193][28, notes 2,3][29][30][31] ! Ce dernier cas exclut assurément tout entraînement affectif personnel (sympathie, antipathie) : particulièrement lorsque le "pressenti" télé-ressenti [32, note 54][33, APR note 82] est un parfait inconnu. Malheureusement [34, APR note 30/2], il devrait aller de soi que ce "bel effort" est aussitôt réduit à néant quand il répond manifestement [35] à un demandeur [36] très entraînant de sympathie affective personnelle [37,com.10]. Quant à l’exclusion de tout jugement moral [38][38bis][39][40, APR note 69], elle désigne sans doute une belle attitude… que l’on serait bien en peine de dénicher jusque dans le conte le plus farfelu icon_razz.gif, tant elle relève d’une supercherie si criante [41][42][43][44] qu’il serait préférable de la redéfinir en plaisanterie de mauvais goût icon_redface.gif. Encore qu’il ne soit pas acquis que celui qui aura été désigné comme rien de moins que l’"incarnation du mal"©[45][46] aie quelque goût à plaisanter à ce sujet icon_mad.gif : en dépit d’un suprême effort -objectif et rationnel- de compréhension d’une pareille désignation sans jugement moral, c’est la panne intellectuelle ! icon_sad.gif

      [(rappel)>55]>>>L’empathie : la belle ancre que voilà, si délicieusement consensuelle [47]dans notre culture qu’elle semble s’amplifier à notre époque ! Ainsi nousAncre-crane.jpg explique-t-on au détour d’une phrase (si on l’ignorait encore !) que « les personnalités narcissiques […] sont incapables d’empathie [48,(7)]». Ce qui, dans le cadre d'une psychothérapie (mais s’arrête un tel cadre… et qui en décide ?) est une manière subtile d’éliminer le paragraphe n°8 [48,(8)] dans sa totalité. Exit le "besoin d’éveiller le sentiment affectif", exit "le trésor à faire grandir", exit "l’apprentissage à ressentir vraiment", exit le "travail à faire sur l’amour", exit "l’exploration" (exigeante ou non) : rien de tout ceci ne vaut plus la peine… aux yeux d’un "psychothérapeute"© qui, par ailleurs, est de ceux qui lèvent les sourcils et plissent le front [48,(1)] lorsqu’on fait montre d’un enthousiasme trop débridé à leur goût. "Être incapable d’empathie", ce n’est rien d’autre qu’"être incapable d’amour" ; mais c’est exprimé de manière moins exigeante… et moins suspecte aux yeux du "patient"©, voire de l’entourage de ce dernier. Simultanément -côté "psychothérapeute"©-, c’est passer pour "étant capable" d’une telle empathie que c’est finalement comme si on avait "ressenti vraiment dans son corps" (?)… ce qu’on répute l’autre "incapable de ressentir". « En amour, on souffre avant même de le savoir », observe la philosophe [48,(4)] ? « En "incapacité d’amour", on "souffre"© sans le savoir [49] » lui répond en écho le "psychothérapeute"© … bien que ne disposant d’aucun moyen de l’observer. (D’où, sans doute, qu’il ne lui soit pas toujours indispensable d’avoir quelqu’un à observer [0, notes 27 à 34] : ceci sans que grand monde ne s’en désole…) []

     [(autre rappel)>108,109]>>> « "pathos" : du grec ancien πάθος, páthos qui signifie passion (et souffrance que l'on trouve dans des termes médicaux).[50]». Chez Aristote, le pathos est également « une méthode de persuasion par l'appel à l'émotion du public [51] » [] Ce n’est jamais que rappeler combien "il n’y a rien de nouveau sous le soleil"[52,Ec(1)][53, note 30], le philosophe grec n’étant pas exactement un enfant du siècle…

         Comparaison étymologique entre l’empathie… et la compassion :

     Compassion : du latin compassio (« souffrir avec, sympathie, compassion »), composé de com- et passio. Ici comme ailleurs, le préfixe désigne un minimum de deux réalités existantes [54, APR note 88] : en solo, le com- reste définitivement fermé à tout effort objectif et rationnel de compréhension intellectuelle. Le suffixe passio exprime sans doute une réalité sémantiquement très proche du páthos grec (passion et souffrance que l'on trouve dans des termes médicaux), mais il est latin. Remarquons que le synonyme de la compassion est la sympathie, et non l’empathie. De fait, le préfixe grec syn- [55] peut être considéré comme l’exact équivalent du com- ("avec"latin) ; on ne saurait en dire autant du préfixe en-, ne faisant qu’"intérioriser" verbalement le suffixe qu’il précède : ce qui n’exclut pas absolument  toute notion d’altérité, mais rend sa possibilité extraordinairement plus vague [34, APR note 30/2][56] que les préfixes com- et syn-. En dépit de ce fort handicap sémantique, l’empathie s’offre un capital de… sympathie (!) supérieur à celui de la compassion. icon_surprised.gif
    
Les rhéteurs antiques donnaient le nom de pathos aux mouvements, aux figures de rhétorique propres à toucher fortement l’âme des auditeurs ; ils opposaient le pathos à l’ithos
[50]. Mais ils étaient grecs.

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          N’en déplaise aux décrocheurs de lune [57][58][59] –et autres enfonceurs de portes ouvertes- qui semblent découvrir avec stupéfaction que l’amour, cela peut faire mal [48>60][61, APR note 64>62]-, voilà pourtant qui existe pourtant depuis toujours : décidémentMontage-nounours-vehement---ange-fleche2.jpg rien de nouveau sous le soleil. Le risque zéro [61,[3], APR note 222][63] existe bien en la matière [64?] : mais il faut alors s’attendre à zéro amour [65][66]. Cependant, le latin creuse ici l’écart avec le grec : même le dernier des imbéciles penchera plus volontiers vers le passio latin que le pathos grec… pour exprimer l’amour. Et pour cause : il n’y en a en effet pas un gramme dans le pathos, exclusivement orienté sur la souffrance. Ce que n’ignorent pas en aval la plupart des "invités" à quelque "consultation"©[67, APR note 221][61,[5,9], notes 74][68, APR note 20][69, notes 220 à 225][70, notes<151>], qui -notamment dans les circonstances les plus ouvertement violentes [71, note 82][72, APR note 20][69, APR note 204] - ont au moins l’avantage de ne courir aucun risque de confusion entre compassion et empathie : tout langage de l’amour [73] y est hors-sujet, dusse-t-on en redoubler à l’usage [69, AV note 171]. En revanche, on ne présente plus la passion qui, elle, ne lui est pas exclusive : il arrive même que jusque dans son acception la plus redoutable… elle exprime plus que jamais l’amour [74, notes 57,58]. Inversement, il arrive aussi qu’elle adopte une telle acception, tout en tordant le cou à l’amour : cf. le "crime passionnel", qui est en soi un non-sens puisque il fait alors "sympathiser" deux termes antipathiques l’un à l’autre.
          La compassion ? Non seulement elle exprime d’entrée l’altérité [54][75], mais –à l’image du pardon [54, APR note 32]-, elle agit comme de l’amour "à valeur ajoutée"[76].

         L’empathie ? Soit elle exprime d’entrée l’altérité : dans ce cas, elle joue les bernardlermite.JPGbernard-l’ermite en se confondant avec la sympathie dont elle constitue un faux ami ; soit elle exprime une altérité négative : le préfixe en- demeure en effet assez vague pour ne pas exclure une souffrance "intérieure" héritée de l’extérieur, soit imaginaire [77, notes 53 à 56][78][79] soit iatrogénique [80, APR note 86][81][82][83]… la deuxième hypothèse n’étant d’ailleurs pas étrangère à la première. Car, si ce en- désigne toujours une "intériorisation", elle n’interdit en rien que celle-ci fusse une projection [84, note 16], puisque ne désignant personne en particulier. In fine, l’empathie s’avère moralement "neutre", pouvant indifféremment exprimer l’amour comme servir de paravent aux égoïsmes les plus obtus. Autrement dit, il n’était pas nécessaire d’attendre que certaine discipline "spécialisée"©[85][86] s’empare du mot [72, note<12>] -afin d’en égrener ses discours toutes les trois phrases [87]- pour savoir :
1°) que dans sa pratique [88], celle-ci privilégie de loin la seconde option : peu importent les intentions
2°) que le seul examen étymologique suffit à relativiser fortement la valeur vertueuse de l’empathie : en soi, elle ne vaut que ce que l’on y met : ni plus ni moins. Encore une histoire d’auberge espagnole [89] icon_rolleyes.gif

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15:24 Publié dans Psyché sans tain | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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