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22/06/2013

Démons et des faux.

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Quand le roi pique, la dame pleure et les valets rient pas. (II)

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[CRPA]

Article recopié intégralement tel quel, bien que nécessitant parfois les quelques réinterprétations typographiques habituelles [22]. Notes de renvoi et illustrations sont bien sûr ajoutées.


Une silhouette trapue dans un costume gris, Jean-Philippe, 36 ans, comparaît devant la cour d’appel d’Orléans. À sa gauche, son médecin de famille, 54 ans, moustache et polo bleu.


Ils ont été reconnus coupables en première instance [17>18]. L’un pour avoir décrit l’état préoccupant d’une patiente sans l’avoir examinée [23][24][25][26][27][28] (dispensé de peine), l’autre pour avoir transmis le faux document à un "médecin"© "psychiatre"© (quatre mois de prison avec sursis). Le 11 juin 2010, Valérie est emmenée contre son gré au centre "hospitalier"©[29] Georges-Daumezon [30][12] à Fleury [A]. Un internement sur la foi [31] d’un certificat "médical"© rédigé la veille.

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[*]([?]) – [*]


« Il y a faux et usage de faux ! »


Or, Valérie n’a pas vu le médecin ce jour-là. Pas plus que le 8 avril, date à laquelle le praticien avait rédigé un premier certificat "médical"©, libellé de manière quasi-identique, faisant état de « délire mystique dangereux »[7,[1], notes 18>92][32].
C‘est un mois auparavant, le 8 mars, que la jeune femme a poussé la porte du cabinet. Couverte d’hématomes. Parce que le couple se déchire [33][B]. « Je lui avais alors prescrit un traitement "psychiatrique"© », affirme le médecin [C] Nulle trace sur l’ordonnance, « une erreur informatique », présume-t-il et le reste à l’avenant : le 8 avril, il « pensait » la voir, et a donc « préparé » à l’avance le certificat, explique-t-il à la juge qui écarquille les yeux [D]: « c’est fort inquiétant ! » L’époux rajoute : « Je sentais [34][35] un danger pour les enfants. »[E] Vingt-huit jours après son internement, Valérie sort de l’"hôpital"©, relâchée par le juge des libertés qui a trouvé un dossier « vide »[F].


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La relaxe plaidée


« Même si Madame avait été très "malade"©, il y a faux et usage de faux », plaide l’avocat de la partie civile, alors que la défense évoque une vidéo où l’on verrait la jeune femme, membre d’une église évangélique « controversée », appeler à « chasser le démon »[34]. Une démonstration à laquelle souscrit le ministère public [G], qui demande une confirmation de la condamnation prononcée en première instance.
La défense plaide la relaxe, exposant comment Jean-Philippe n’a transmis aucune information mensongère, étant donné « l’état » de son épouse. L’avocat du médecin ne dit pas autre chose, lorsqu’il assure que les certificats de son client ne sont ni des faux matériels, ni des faux intellectuels [H].
La cour d’appel rendra son arrêt le 11 septembre. Samedi, Valérie, privée de la garde de ses enfants âgés de 9 et 12 ans, pourra les voir. Deux petites heures, dans un lieu médiatisé [14].

Aurore Malval

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[A] Il s’agit toujours de Fleury-lès-Aubrais… non de Fleury-Mérogis.


[B] Il est aussi possible qu’un couple se déchire [35][36] sans que personne ne soit couvert d’hématomes


Montage-reveil-brutal2.jpg[C] D’une part, le médecin affirmant est généraliste… non "psychiatre"©. D’autre part, lorsqu’on reçoit une patiente couverte d’hématomes dans son cabinet, il n’est pas nécessaire d’être médecin pour brosser immédiatement un constat clinique [37, notes 47 à 53][38]… qu’à la rigueur, même un aveugle pourrait établir au seul toucher [39][40][41][42]. À constat clinique, traitement clinique : au nom de quelle "urgence"© -surpassant cet évident constat clinique !-, prescrit-on un traitement non-clinique [43, APR note 442][44]. Depuis quand -alors même que le phénomène inverse s’observe massivement [13]- un traitement "psychiatrique"© a-t-il pour vertu [45, APR note 5] de "recoudre" les couples qui se déchirent ? Enfin, nous pouvons remarquer que le dit traitement atteint des abîmes de non-clinique… puisque même les fichiers informatiques n’en gardent pas trace !


[D] Bonne nouvelle : il arrive aussi [46] qu’une juge [47, notes 9,10][48] ait apparemment des oreilles pour entendre, et des yeux pour voir : jusqu’à les écarquiller.


[E] L"hospitalisation"© pour tous [49, AV note 299][50, notes 436>441][51, note 45], c’est bien entendu l"hôpital"© pour toutes les mères. L’une tue ses enfants à l’arme blanche, alors que personne ne l’avait vu venir ? "Hospitalisée"© d’office [52]. Un époux « sent » qu’une autre "va"©[53][54, APR note 67] "tuer ses enfants à l’arme blanche"© sans que personne ne la voit venir ? "Hospitalisée"© d’office. Toutes dans la même corbeille [55, APR note 158], et basta !


[F] Mauvaise nouvelle : un dossier « vide » vaut néanmoins vingt-huit jours de séquestration [56]. On frémit à ce qui serait arrivé si quelque minuscule poussière délictueuse s’y était glissée : découpage en tranches, lapidation, immersion dans un bain d’acide sulfurique, guillotine, hachage menu comme chair à pâté, laminage au rouleau compresseur, en pâture aux requins ou ratatinage à la kalachnikov [57] ? Ce qui permet éventuellement aux juges d’aller écarquiller les yeux sans inquiétude sur l’article 224-1 [58] du Code pénal : "de l’enlèvement et de la séquestration"[59, note<399>] Sans illusion, naturellement : lorsque des juges ont sous les yeux deux prévenus en infraction notoirement jugée contre le 441-1 [60] du même Code (mais néanmoins à peine souffletés [18] en comparaison de ce que prescrit le dit article), on sait qu’un tribunal est lui aussi "un lieu médiatisé". C’est-à-dire un "endroit neutre"[14]… par rapport à la loi [52, notes 27,28], s’entend. Ainsi n’ignore-t-on pas davantage que l’on pourrait bien avoir été reconnus coupables en première instance d’avoir tué père et mère (sans que les malheureux n’aient jamais « senti le danger »), les articles L-3212(3)-1 [61, notes 92 à 95][62][63] du Code de la "santé publique"©[64][65][66, notes 7 à 9] sont là, qui gomment opportunément les plus criantes culpabilités de ceux qui les prescrivent et les font prescrire [67, notes 81 à 84].

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[G] Puisque demandant une confirmation de la condamnation prononcée en première instance, on ose supposer que le ministère public souscrit à la démonstration de l’avocat de la partie civile ; non à celle de la défense ! "Condamnation", "instance", "ministère public", "avocat", "défense" ? Au vu du vocabulaire employé, il semble que l’action se déroule au sein d’un tribunal : établissement républicain se faisant fort de revendiquer sa laïcité. À ce titre, qu’il souscrive ou non à la démonstration présente, en quoi cela ressort-il de sa compétence [68] ? De même -et initialement-, depuis quand un avocat de la défense est-il habilité à « controverser » une église évangélique, quelle qu’elle soit ? Il n’est pas interdit d’avoir quelques notions évangéliques sur les bancs des facultés de Droit, assurément… mais y est-ce bien la matière principale ?
3955472820.jpgPar ailleurs, cette même défense évoque donc une vidéo où l’on verrait la jeune femme appeler à « chasser le démon ». "Où l’on verrait" : joli conditionnel [69] ; à défaut d’y « sentir le danger », on y sent  de nouveau le non-clinique à plein nez. Un tribunal n’est-il pas censé être le lieu de jugement de faits établis, avérés… et conjugués à tous les temps, sauf au conditionnel ? Où donc la défense a-t-elle appris le droit ? Comment peut-elle ignorer que la valeur juridique -et pénale- d’"une vidéo" reste à ce jour très controversée… sans guillemets. En revanche -et en grattant un peu-, "une vidéo" tournée dans le strict cercle privé n’a strictement rien à faire entre des mains étrangères sans l’autorisation de ses acteurs : rapport à l’atteinte à la vie privée, il semble que le Code pénal ait de nouveau des arguments plus solides [70][71, notes 101 à 104] à cet égard… Enfin, même à faire abstraction de ce qui précède -et prendre en considération une "argumentation" qui, elle, n’a rien à faire dans un tribunal-, est-ce donc avec cela qu’on "remplit" un dossier « vide » ? Cela… c’est le permis de chasse.
Voici donc le scoop du jour : pour « chasser le démon », il y faut le permis de chasse. OnLa-chasse-au-monstre2.jpg ignore par QUI il est délivré… mais on sait par QUItout contrevenant chopé à « chasser le démon » sans permis [72][73][74] est sanctionné : par le premier médecin venu. Par le premier sous-préfet venu. Par le premier tribunal venu : tous apparemment plus fins connaisseurs des « démons » les uns que les autres.… On connaît également la sanction infligée au « chasseur de démon » sans permis : grâce aux articles L-3212(3)-1 du Code de la "santé publique"©, on le place pile-poil au cœur d’un endroit fort peu "neutre" : puisque extrêmement « giboyeux »[75][76][77][78][79] ; incitation à la récidive ? Mais hormis les articles L-3212(3)-1, il n’existe rien -strictement RIEN- dans aucun Code au sujet de la « chasse au démon » : un vide juridique que l’on comble avec… un dossier « vide » : CQFD [80].

[H] L’avocat du médecin ne dit pas autre chose, lorsqu’il assure que les certificats de son client ne sont ni des faux matériels, ni des faux intellectuels. Notre homme est ici plus doué qu’en vidéo : car il a raison ! En effet, pour que les certificats de son client soient des faux matériels, il aurait fallu qu’ils "certifient" du matériel. Or, le non-clinique étant non-matériel par définition, il ne peut être ni vrai ni faux : il n’existe pas [81!]. Son client est donc un vrai faux vrai coupable. Ce qui pourrait ici paraître un peu intellectuel, mais…

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Mais l’avocat a également raison pour le reste : pour que les certificats de son client soient des faux intellectuels, il aurait fallu qu’ils "certifient" de l’intellectuel [82][83]. Or, ils"certifient"© une « "maladie"© dérangeant les fonctions intellectuelles »[84, note 368bis>85][86]! Cf. au-dessus, à propos de ce qui n’est ni vrai ni faux [87][87bis] : il serait malvenu de "déranger" davantage [88, note 402/2][89], tant cela risque de piétiner l’exquise pâture des ânes [90][91][92][93][94][95][96][96bis][97][98][64]. Enfin, ajoutons que ces derniers seraient sans doute fort ennuyés de devoir attendre quelque lointaine "décision"©[99, AV note 46] de cour [100] délibérant en vue de les laisser paître [101][102][103, note 12]…ou pas.
podcast

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17/06/2013

Des coquilles dans le texte ?…

Un Calimero enthousiaste.jpg
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Calimero, un héros très français

Alors que le petit poussin dépressif fête ses 50 ans au festival d'Annecy, Gaumont animation produit 104 nouveaux épisodes de ses aventures pour une diffusion sur TF1 en 2014. Plus actuel que jamais, Calimero ?

[1]  « C'est vraiment trop injuste ». L'expression que l'oisillon pleurnichard ne cessait de bredouiller dans le dessin animé des années 70, pourrait bien être le leitmotiv d'une France qui n'a pas le moral. Calimero [LF1] revient en 2014, dans une nouvelle série fort à propos. Pour le sociologue Jean Viard [LF2][2], qui a publié Nouveau portrait de la France [3], nous Jean Viard.jpgvivons dans « une société de bonheur [4] privé et du malheur public ». C'est un peu la grande maladie de Calimero, dont les nouvelles déconvenues seront diffusées par TF1 : avoir le sentiment d'être le vilain petit canard [5]. « Deux tiers de l'humanité est sortie de la pauvreté s'enorgueillit le sociologue. C'est une avancée historique, mais en France, nous voyons ça comme de la concurrence des pays émergents. De même, tout le monde est terrorisé par le chômage, dont les chiffres sont élevés, certes. Mais globalement 90% d'actifs travaillent. »


[2]Le Français aurait le don de toujours voir les mauvais côtés des choses, comme le anti-héros du dessin animé créé par Toni et Nino Pagot, en 1962. Depuis la fin des années 80, le pessimisme serait même une seconde nature dans notre société. Calimero, qui avait été privé d'antenne pendant quinze ans, avait d‘ailleurs fait son grand retour dans les chaumières au début des années 90. « La France est un pays profondément dépressif parce que le projet français est détruit depuis un quart de siècle poursuit le sociologue. Il y a une nécessité de produire un nouveau récit politique et collectif français. Le seul affrontement capital/travail, le moteur depuis la Seconde Guerre mondiale, n'est plus en phase avec notre temps. Nos politiques devraient se frotter à l'intégration de la France dans l'Euroméditerranée [LF3], ou au défi écologique. »


Une génération Calimero sortie de l'œuf ?


[3]Vingt ans plus tard, une nouvelle génération, née avec la crise, peut-elle se reconnaître dans le spleen de Calimero ? « Le bonheur diminue toujours après vingt ans, car le marché du travail casse le moral. Mais j'ai l'impression que les jeunes sont plus heureux qu'on veut bien le dire. Le fond du problème : les gens mettent sur le même plan le travail et la vie privée. Hors, les Français n'occupent que 10% de leur temps au travail. Même s'il n'y pas de généralités, les jeunes sont heureux pendant leurs études », explique encore Jean Viard.

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[4]Autre point de comparaison, Calimero, petit oisillon noir avec une coquille d'œuf sur la tête, a toujours le sentiment d'être mal perçu. L'Hexagone aussi. « La France oublie qu'elle a de vrais atouts, comme l'industrie du luxe par exemple. Ça n'est pas innocent. Notre pays suscite le désir, même si nous sommes peu compétents[6] en matière de service à la personne. »


[5]Si le moral de la France est morose, celui de Calimero remonte doucement. En 2014, il revient plus optimiste, sans zozoter et toujours coiffé de sa coquille d'œuf ébréchée. « On a essayé de faire en sorte que le personnage ne soit plus la victime qu'il a été dans le passé », confessait Pierre Balaïsch, patron de Gaumont [LF4] Animation à 20 minutes. La perception de Calimero aurait changé. Les Français ne le trouveraient plus si plaintif que ça....

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Maxime PARGAUD. 

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            « C'est vraiment trop injuste », en effet. Car si on a essayé de faire en sorte que calimexpert2.jpgle personnage ne soit plus la victime [7] qu'il a été dans le passé [5], on s’essaie dans le présent [8] à faire en sorte que la perception de Calimero change… mais peut-être pas exactement dans le sens sociologique qui nous est proposé. Qui donc fête ses 50 ans au festival d’Annecy ? Aura-t-il seulement le goût de la fête [9][10] ? Il s’agit en l’espèce d’un petit poussin "dépressif"©[11][12][13][14]. Or, quand on est "dépressif"©, le moral n’est-il pas morose ? Ne prend-on pas ses "médicaments"©[15,com.7][16, APR note 74][17, APR note 333][18][19,com.8§3] "antidépresseurs"©[20][21] ? Font-ils remonter doucement ? Font-ils revenir plus optimiste [22][15], etc. ? Dans le cas contraire, oui… « ce serait vraiment trop injuste ».
            « C'est vraiment trop injuste [23, note 51/2][24, note 51(<129)][25, note 308] », en effet : que cette expression soit associée à un petit poussin "dépressif"©. Cela fait en sorte que la perception de Calimero change… en associant [26, APR note 107] inversement « ce qui est vraiment trop juste [27, notes 1,2] » à ce qui n’est pas"dépressif"©. Or, il se trouve que ce qui est le "moins" suspect de l’être est précisément ce qui "soigne"©[28][28bis] la "dépression"© ! Et là, « c'est vraiment trop injuste »[29] ! [...] « Je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de disciplines qui aient fait autant de progrès en trente ans que la psychiatrie. Nous avons appris à savoir reconnaître et à soigner une dépression dans 80% des cas.[30][31][32, notes 57 à 59]

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            Les Français ne le trouveraient plus si plaintif que ça [5] ? Ils ont bien raison,1610586661.jpg cependant : ne trouvent-ils pas d’oiseaux autrement plus friands de plaintes qu’un fragile oisillon pleurnichard [32>32bis][34][35>36][37] ? Ce qui leur fournit abondante matière à se trouver beaucoup plus plaintifs que ça ! « On a essayé de faire en sorte que le personnage ne soit plus la victime qu'il a été dans le passé »[5] : essai réussi, mais on n’a pas attendu le patron de Gaumont Animation pour le transformer. Dans le présent, le personnage ne se sent-il pas mieux dans sa peau, comme bourreau [38][39][40][41][42][43, notes 36 à 38] des "bourreaux"©[44] des "victimes"©[45][46][47, note 6][48][49][50][51] ? De fait, c’est le sociologue qui n'est plus en phase avec notre temps : « la France est un pays profondément dépressif parce que [2]… » surpeuplée de "dépressifs"© d’un côté -et de "héros"©[52][53] anti-héros [54, APR note 32][20] de l’autre- depuis qu’ils "perçoivent"© que « ce qui est vraiment trop juste» n’est pas "dépressif"©. Dans ce cas, ils n’ont pas même besoin de subordinateurs de la comprenette [55] pour en avoir saisi la commutativité :  ce qui n’est pas "dépressif"© « est vraiment trop juste [56][57] » ! C’est pourquoi  le nouveau récit politique et collectif français [2] consiste plutôt –sauf rupture momentanée [58]- à confier « ce qui est vraiment trop "justice"©©©[59, APR note 458][60, APR note 309][61] » à qui "soigne"© la "dépression"©[62][63, notes 34 à 38][64][64bis]. Contre une avancée historique, rien de moins qu’un recul préhistorique [65][66][67][68][69][70][71][72][73][74][75][76][77, APR note 57][78][79] !

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            L’inconvénient en est cependant que la perception de la terreur [1] change aussi [80][81][82][83][84] : plutôt que le chômage, elle concerne à présent les "monstres"©[27][85][86][87][88][89][90] et autres "fantômes"©[91][92][93][94][95]. Au sujet de ces derniers, rien à faire : puisqu’ils passent au travers des murs [96], il convient de fuir [97][98][99]. Pour les premiers, en revanche, il y a une nécessité de les enfermer [100] Arthur faisant fuir.jpgafin d’éviter l’affrontement "bourreau"©/"victime"©[101] à qui ne l’ose [102] pas… tout en osant « vraiment trop justement » demander [103,3°)][104][105][106] leur enfermement. Les chiffres aussi sont élevés, certes [1][107][108]. Mais globalement 90% de tranquillisés d’esprit [17, note 402/2][109] s’en trouvent "aidés"©[110, note 61][60, notes 358>360][111, notes<120>] à devenir plus vaillants [112][113].
            Aussi, afin de continuer de vivre dans « une société de bonheur privé »[1] -de se le préserver à tout prix dans un monde si "dépressif"©[114] par ailleurs !-, que personne n’aille s’aviser de se reconnaître dans le spleen [3] de ces 50% de "Calimeros" dont même les "spécialistes"©[115, APR note 106][116, note 6][117][118][119] parviennent à distinguer la coquille d’œuf [120] : ce qui casserait le marché [121][122][123] le moral de tout le monde [124, note<12>] en renforçant le « malheur public »[125]

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Le vilain petit canard

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podcast

Stéphy : Le vilain petit canard 10mn37
(musique de Vivaldi)

Ah ! Qu’il faisait bon, dehors dans cette campagne ! C'était l'été, une cane, assise là, sur son nid couvait consciencieusement ses canetons ; pourtant elle commençait à en avoir assez, car cela durait depuis quelque temps déjà. Soudain les œufs craquèrent, les oisillons brisaient leur coquille en sortant la tête l’un après l’autre. Accueillir-un-enfant-different.jpgCependant, un œuf ne voulait pas se percer. C’était le plus gros d’entre tous. La cane soupira et se résigna à attendre ; elle se recoucha pour tenir cet œuf bien au chaud sous son ventre. Enfin le gros œuf creva et un étrange petit canard apparut. Il était grand, tout dégingandé et terriblement laid. La cane le regarda fixement et elle dit :
- Voilà un caneton vraiment différent, aucun des autres ne lui ressemble, il est gris et si gros ! Mais qu’importe !

         Elle prit ses petits sous son aile, et tous ensemble partirent faire une promenade sur le lac.

        Le lendemain, il fit un temps délicieux alors, la mère cane vint présenter la nouvelle famille à tous les animaux de la basse-cour ; mais lorsque ceux-ci s’aperçurent de la différence du dernier venu, les réactions ne se firent pas attendre.
- Celui-là, nous n'en voulons pas !
Et aussitôt une cane lui mordit le cou.
- Non peut-être,
dit la cane qui avait mordu, mais il est trop grand et trop laid.
- Il n'est pas beau, mais il a bon caractère, et il nage magnifiquement bien. Il est resté trop longtemps dans son œuf, voilà pourquoi il est si gros.

         Hélas le pauvre vilain caneton fut mordu, bousculé, nargué toute la journée, et ce fut de pire en pire ensuite. Le pauvre petit fut pourchassé par tout le monde, même ses frères et sœurs le rejetaient. Un jour, sa mère lui dit :
- Je voudrais que tu sois bien loin mon chéri !

        Alors le vilain petit canard s'envola par-dessus la haie et parvint cahin-caha au grand marais habité par les canards sauvages. Il se cacha dans un coin et il y passa toute la nuit, très las et très triste. Le matin, les canards sauvages l’aperçurent.
- Quelle sorte d'oiseau es-tu ?

         Le caneton se tourna de tous les côtés, et répondit en bégayant :

- Je… je… je suis un canard !!
- Aaah ! Tu es vraiment laid,
dirent les canards sauvages. Mais ça nous est égal, pourvu que tu ne te maries pas dans notre famille.

        Soudain, au-dessus d'eux, on entendit : Pif, paf ! Et deux canards sauvages tombèrent raides morts. Pif, paf résonna de nouveau. C'était une grande chasse. Le vilain petit canard effrayé tourna la tête pour la cacher sous son aile, quand soudain, un grand chien terrible surgit devant lui. Le chien approcha sa gueule, montra ses crocs pointus et... tourna les talons sans se préoccuper du petit caneton.
- Oh ! Dieu merci,
soupira le vilain petit canard, je suis si laid que même le chien ne veut pas me mordre.

        L'automne arriva, les feuilles devinrent jaunes et le vent s'en empara pour les faire 1705754796.jpgdanser. Le vilain petit canard passait tout son temps à chercher une famille voulant bien l’accueillir, mais les animaux le dédaignaient toujours à cause de sa laideur. Puis, l'hiver arriva qui fut extrêmement froid ; le caneton devait tout le temps nager pour empêcher l’eau de geler complètement autour de lui ; mais à la fin, complètement épuisé, il ne bougea plus, et fut prisonnier de la glace. Le matin, de bonne heure, un paysan le vit, brisa la glace, et l'emporta chez lui pour le ranimer. Lorsqu’il se réveilla, les enfants voulurent jouer avec lui, mais apeuré, il se sauva et se cacha parmi des buissons couverts de neige. Il y resta tout l’hiver, attendant patiemment que l’air se réchauffe pour pouvoir repartir. Petit à petit, l’air fut plus doux, les oiseaux se mirent à chanter et le soleil devint de plus en plus présent. Le printemps arrivait ; cependant le vilain petit canard était toujours tout seul. Un jour, droit devant lui, s'avancèrent trois beaux cygnes qui ébrouaient leurs ailes et nageaient légèrement dans l’onde pure d’un étang. En voyant ces magnifiques bêtes, il fut pris d'une étrange tristesse.

- Je vais voler vers vous, oiseaux royaux, et vous me massacrerez, parce que j'ose m'approcher. Moi : le vilain petit canard !

        En un coup d’aile, il s’éleva au-dessus de l’étang et se dirigea vers les superbes voiliers. Les trois oiseaux l'aperçurent, se retournèrent et accoururent vers lui à grands coups d'ailes en rasant les flots.
- Tuez-moi si vous voulez !
dit le vilain petit canard.

        Il pencha la tête sur la surface de l'eau, attendant le choc et sa mort certaine... mais, il n’en crut pas ses yeux, quelle surprise en voyant son reflet ! Il vit qu’il était devenu lui-même un cygne. Il en perdit le contrôle de son vol et tomba violemment dans les profondeurs de l’étang. Quand il rouvrit les yeux, les grands cygnes nageaient autour de lui et le caressaient tendrement avec leurs becs. Alors ses plumes se gonflèrent, son cou se dressa et heureux comme jamais, il comprit enfin tout son bonheur d’avoir retrouvé sa vraie famille.

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