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21/04/2012

Gogols et préjugés.

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Jean Canneva - Président de l'UNAFAM

Par l'Uncpsy, dans Au jour le jour -# 293 - Fil RSS

Jean Canneva, Président de l'Union nationale des amis et familles de malades psychiques (Unafam) ne nous est pas inconnu. Il est de toutes les instances du Ministère concernant la santé mentale et la psychiatrie. Il a participé à nos Rencontres de Porticcio aux côtés de Claude Finkelstein. A l'occasion de la Journée Mondiale de la Santé Mentale, il explique au Nouvel Observateur :

Quels sont les préjugés auxquels sont confrontées les personnes atteintes d'un trouble psychique ?

[1] - Le préjugé de base, c'est la maladie mentale. Nous avons voulu lui donner le nom de "trouble psychique" car l'image de la maladie mentale n'est pas bonne. Elle est liée au contexte asilaire d'autrefois, qui n'est aujourd'hui plus d'actualité. De nos jours, 95% des malades psychiques vivent dans la cité. L'hôpital reste un lieu de soins mais ce n'est plus leur lieu de vie. Va-t-on continuer à avoir une image stigmatisante de personnes qui vivent parmi nous ?

[2] Le problème vient du fait que les citoyens ne savent pas ce qu'est un trouble psychique. La loi du 11 février 2005, qui a réformé la loi de 1995 sur le handicap, a permis d'avancer en ce sens en ajoutant aux trois handicaps dits "classiques " - à savoir l'handicap moteur, sensoriel et mental- un nouvel handicap : l'handicap psychique.

[3] Il se définit à partir de trois critères. L'intelligence tout d'abord : les personnes qui souffrent de troubles psychiques ne sont pas des déficients intellectuels, au contraire, elles sont souvent très intelligentes.

[4] La médicalisation ensuite : ces personnes doivent prendre des médicaments en quantité importante, avec des effets secondaires notables. La variabilité enfin : contrairement aux malades mentaux, le comportement des malades psychiques est imprévisible, il peut changer à tout moment. Ces malades représentent une population très importante en France, que nous avons évaluée à 600.000 personnes au moins. Il s'agit de personnes souffrant de pathologies très lourdes comme la schizophrénie et plus généralement toutes les formes de psychoses. Cette population n'inclut pas les personnes souffrant de dépression qui sont, elles, beaucoup plus nombreuses. Pourtant, le trouble de base est le même, à des degrés différents.

 

Que proposez-vous pour lutter contre ces discriminations ? Le fait d'en parler permettra-t-il de briser les tabous liés à ces maladies ?

[5] - Nous avons demandé que l'accompagnement des malades psychiques soit inscrit dans la loi. Cet accompagnement doit se décliner en six points : la continuité des soins, des ressources suffisantes, un hébergement, des lieux d'accueil et d'accompagnement pour tous les malades ; si nécessaire, également une protection juridique [<81] et des activités adaptées. Ces points se retrouvent dans le plan de santé mentale préparé par le gouvernement

[6] La campagne que nous menons au niveau national s'inscrit dans cet ensemble. Il est important que nos concitoyens commencent à réfléchir sur ce sujet et qu'ils comprennent que la vie est possible pour les malades psychiques, à condition qu'ils soient accompagnés. Il est vrai que le tabou est très fort autour de ces maladies. Les médias y contribuent d'ailleurs, en donnant une image dramatique de certains faits divers. Il faut compenser cette image dramatique par de l'information précise sur ces malades : dans la plupart des cas, ces personnes sont en situation de souffrance et non pas de violence.

Quelles sont les origines de ces pathologies ? Les traitements proposés sont-ils efficaces ? Comment les proches vivent-ils ces maladies ?

[7] - Certaines personnes, de par leur fragilité, peuvent plus facilement tomber malades. Mais il n'existe pas de cause déterminante. La maladie arrive subitement, elle vous tombe dessus et cela peut arriver à n'importe qui. Souvent, les troubles débutent au moment de l'adolescence.

[8] Trois critères peuvent augmenter les risques de développer des pathologies psychiques : le non accompagnement, l'arrêt des médicaments et la prise de substances toxiques.

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[9] Les traitements sont indispensables. Ils sont efficaces dans le sens où ils calment. (cf. image ci-dessus) Mais la maladie est toujours là (cf. idem)[com.48]. On ne guérit jamais complètement de ces troubles, il faut donc apprendre à vivre avec. Voilà pourquoi nous souhaitons parler le plus possible de ce secteur : les gens concernés ont toujours du mal à comprendre ce qui se passe dans la tête de ces malades.

[10] La situation dans laquelle vivent leurs proches est -elle aussi- importante à souligner. L'entourage d'un malade psychique endure une souffrance particulière. La souffrance psychique ne doit pas être considérée comme un phénomène strictement médical, mais plutôt comme la difficulté de l'être humain à rester optimiste. C'est une maladie profondément humaine. Les personnes qui en souffrent sont à la fois des malades et des être humains hypersensibles, qu'il faut aider.

[11] Ce ne sont pas du tout des gens à enfermer, mais plutôt des personnes qu'il faut soigner et accompagner.

Propos recueillis par Chiara Penzo

Source : Le blog des adhérents de l'UNCPSY

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          Hors son président (élu ?), l’UNAFAM ne nous est pas non plus totalement inconnue [1] : organisme parasitaire, il est relativement normal [2] de la retrouver, grouillant au sein d’autres organismes parasitaires : toutes instances de sinistère [3] "concernant" la "santé mentale"©[4, note 26] et la "psychiatrie"©. Après tout, n’appartient-il pas à tout ver bien né de faire du lobbying autour du cadavre en putréfaction ? La différence tient seulement au préjugé de base : non celui qui nous est officiellement énoncé, mais celui qui va nous laisser accroire à cette nécessité d’"accompagnement" (comme on accompagne le corbillard au cimetière icon_cry.gif) et de "soins"© (comme on pratique la thanatopractie [5]) au sujet de personnes qui, à ce qu’il semble… respirent encore. Sans doute est-ce d’ailleurs cet infime sursaut de vitalité qui les sauve (provisoirement) d’être "des gens à enfermer"… dans une caisse en bois verni d’abord, au fond d’un caveau ensuite. Pour le reste, rassurons-nous : l’ambiance morbide est au rendez-vous ! Car si la décomposition cadavérique n’est pas encore à l’ordre du jour, n’est oublié aucun des facteurs favorisant la décomposition sociale : on respire encore… mais dans une atmosphère si étouffante qu’à force de "soins"© et autres accompagnements, on devrait parvenir à l’enfermement final -suggéré ci-dessus- dans des délais raisonnables [6][6bis][7][8][9][10].

         Allons bon : l’image de la "maladie mentale"© n’est pas "bonne" icon_mad.gif ! Pourtant, on s’est attaché à nous la présenter de manière nettement plus sympathique qu’à l’instant : à vous dégoûter de faciliter les ressorts de "l’être humain à rester optimiste" ! En lui donnant le nom de "trouble psychique"©[11, APR note 55], on sent tout de suite que tout le monde [12, note 12]va déjà beaucoup mieux… à condition, bien sûr, de se trouver du "bon" côté : celui de la "pureté psychique"©[13]. Ce qui soulage tant et si bien les heureux préservés qu’ils prêteront moins attention au fait que –faute d’éléments cliniques- la terminologie de "maladie"© est depuis longtemps invalide au sein du monde de la "santé mentale"© et de la "psychiatrie"©. Elles n’y perdent finalement pas au change puisque, comme on nous l’"explique" entre les lignes, le "trouble"© est pmemo-zombie-nl29-48b-L-1.jpegar essence une notion si extraordinairement vague [14, APR note 30/2] que cela lui permet avantageusement d’infiltrer tout ce qui bouge : d’une part, la "souffrance psychique"© ne devant pas être considérée comme un phénomène strictement médical, mais plutôt comme la difficulté de l'être humain à rester optimiste, d’autre part sachant qu’on ne guérit jamais complètement de ces "troubles"©, tout va bien : c’est à deux battants que la porte est ouverte au plus sombre des pessimismes icon_twisted.gif !

       Le problème vient du fait que les citoyens ne savent pas ce qu'est un trouble psychique ?  Plutôt que de se demander si les citoyens n’ont pas d’autres problèmes à résoudre –avec ce qui existe, par exemple…- que de savoir "ce qu’est" ce qui n’existe pas [15, notes 53 à 56], on vient donc de leur "montrer" brillamment que "trouble psychique"© et "maladie mentale"©, c’était kif-kif bourricot [16] : simplement, le "trouble psychique"© a une meilleure image, voilà tout icon_biggrin.gif. Maintenant, les citoyens sauront-ils mieux ce qu'est un "trouble psychique"©… si on introduit immédiatement des variables ? En effet, contrairement aux "malades mentaux"©, le comportement des "malades psychiques"© est imprévisible, il peut changer à tout moment. Premier point : d’un paragraphe à l’autre, les "troublés"© sont "retombés""malades"©. Pourtant, aucun élément clinique notable n’est intervenu entre les deux phrases. Il est vrai que le tabou verbal est très fort autour de ces "maladies"© : sans doute est-ce là ce qui justifie qu’un habitué nous les "explique" si bien que les pistes s’en brouillent [17] au fur et à mesure. En effet, deuxième point : voilà qu’inopinément les "maladies psychiques"© se font comportementalement contraires aux "maladies mentales"© !!! (En prime, celles-ci ayant logiquement la grâce d’être "prévisibles", il est inutile de sortir la boule de cristal…) Dès lors, les unes devenant le contraire des autres, quelle niche de survivance reste-t-il à la "pureté psychique"© ? À ce compte-là, on conçoit mieux que la "maladie"© arrive subitement, elle vous tombe dessus et cela peut arriver à n'importe qui ! Sachant par ailleurs qu’il n’existe pas de cause déterminante (!!!), la question se repose, angoissante icon_sad.gif : sur QUI la "maladie"© peut-elle encore ne pas arriver (subitement ou non), ne pas tomber dessus, ne pas arriver à n’importe qui ???

     En dépit d’une absence abyssale du plus petit élément de réponse à ce questionnement minimal, on nous raconte néanmoins que « la campagne que nous menons au niveau national s'inscrit dans cet ensemble. [ "Campagne" menée sur quel "ensemble"… à propos d’un sujet vide de cause déterminante ? ] Il est important que nos concitoyens commencent à réfléchir sur ce sujet et qu'ils comprennent que la vie est possible pour les "malades psychiques"©, à condition qu'ils soient accompagnés ». Autrement dit, s’ils ne sont pas "accompagnés"©, "la vie n’est pas possible" !!! Pour qu’elle le "devienne", « ces personnes doivent prendre des médicaments en quantité importante, avec des effets secondaires notables »… à condition de ne pas noter que les effets dits "secondaires"©[18] sont primaires… et que les "médicaments"©[19] -causes extrêmement déterminantes [20][21][22][23]- (quel pourcentage la mafia "pharmaceutique"©[24][25][26] verse-t-elle à l’UNAFAM ?) rendent la vie impossible à ceux qui "doivent" les prendre [27][28][29, notes 3 à 10]. « Trois critères peuvent augmenter les risques de développer des "pathologies psychiques"© : le non accompagnement, l'arrêt des "médicaments"© et la prise de substances toxiques. » Or, puisqu’il est si important de commencer à réfléchir sur ce sujet, pourquoi ne pas augmenter le risque de développer cette "importante réflexion" en y ajoutant quelques nouvelles interrogations basiques ?

1°) pourquoi le "malade psychique"© cherche-t-il à se défaire d’un "accompagnement"© ? aurait-il donc goût à l’ermitage ? serait-il un fieffé misanthrope ?
2°) pourquoi cherche-t-il à arrêter des "médicaments"© ? ne lui a-t-on pas assez souligné 960245525.jpgque son entourage endurait une "souffrance"© particulière [30] ? Il est vrai que le tabou demeurant très fort autour de l’étrange axiome Xn "souffre"© = Y est "soigné"©[31][32, note 63], il est dommage que Mr Canneva n’aie pas profité de la tribune qui lui était offerte pour enfin nous "l’expliquer"… ou plus intimement, au "malade psychique"© lui-même afin de le dissuader d’arrêter les "médicaments"©
3°) enfin, quelle est exactement la différence entre la prise de"médicaments"©et celle de substances toxiques ? à réfléchir sur ce sujet… et à envisager qu’il n’y en ait aucune, qui sait si cela ne pourrait pas contribuer à quelque réponse éclairante icon_idea.gif au sujet du 1°) et du 2°) ?

         Ce qui n’est plus de l’ordre du préjugé –loin s’en faut-, mais de l’expérience à grande échelle : les médias y contribuent d'ailleurs, en donnant une image dramatique de certains faits divers. [ Salauds de médias ! Il est "notoire" que sans eux, certains faits divers [33] ne donneraient d’eux-mêmes qu’une image bucolique de bluette à bisounours s’ils ne contribuaient pas ainsi à nous les "dramatiser" à outrance ! ]  Il faut compenser cette image dramatique par de l'information précise sur ces malades : dans la plupart des cas, ces personnes sont en situation de souffrance et non pas de violence. Encore plus précise, l’info : elles sont en situation de souffrance PARCE QUE violentées par les "amis et familles de malades psychiques"© qui n’existeront pas davantage parce que leur "accompagnement" aura été inscrit dans une "loi". Une loi –une vraie loi-, cela s’inscrit dans le contexte de CE QUI EXISTE, de ce qui contribue à favoriser la cohésion sociale [34] : pas à sa désagrégation. Aucune loi au monde n’a pour vertu de rendre réel ce qui ne l’est pas, ne l’a jamais été et ne le sera jamais [35, APR note 63] : si personne n’est au-dessus de la loi, personne n’est tenu d’en être en-dessous afin de complaire à des imbéciles ;poubelle.gif le reste relève de la barbarie… et de la désobéissance déclarée, si nécessaire.

      La "loi" du 11 février 2005, par exemple. En réformant la loi de 1995 sur le handicap, en ajoutant aux trois handicaps dits "classiques" -à savoir le handicap moteur, sensoriel et mental (?)- un nouvel handicap : le handicap "psychique"©, elle est devenue une cinglante et violente injure [36, APR note 16] aux handicaps douloureusement cliniques e-xis-tants, détournant [37] odieusement les moyens qui leur sont dus (qui ne sont pas extensibles à l’infini) à des fins de chimères nocives pour tout le monde : handicapés et valides, créant de toutes pièces du handicap neurologique [20] là où il n’existait pas. Une soi-disant "loi" qui "permet d’avancer en ce sens" est à reléguer au plus profond des poubelles de l’Histoire.
       On prétend "dédramatiser"certains faits divers ? Simultanément, on "dramatise" à la louche des "pathologies"© sans consistance : « ces "malades"© représentent une population très importante [38, AV note 44] en France, que nous avons évaluée à 600.000 personnes au moins. [ Selon QUELS CRITÈRES, l’"évaluation"©, Mr Canneva ??? celui du sens du vent ?… ] Il s'agit de personnes "souffrant"© de "pathologies"© très lourdes comme la "schizophrénie"©[39][39/2][39/3] et plus généralement toutes les formes de "psychoses"©[40] ». [ Comment un truc sans fond peut-il avoir ne serait-ce qu’une seule "forme" ? N’y aurait-il pas également un tabou très fort ?… ] Ici encore, les vraishandicapés –du type de celui qui aura inspiré un illustre et récent film [41]- devraient "apprécier" comme il convient le "poids"© de telles "pathologies"© : qui se dévouera à demander -à l’un d’entre eux- si d’aventure, un kilo de plumes ne pèserait pas plus lourd qu’un kilo de plomb ?

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[*]

      « Les personnes qui en "souffrent"© sont à la fois des "malades"© et des êtres humains hypersensibles, qu'il faut aider. » Voilà qui est plutôt une bonne nouvelle :  les "malades"© semblent encore avoir figure humaine ! Il faut les aider ? Naturellement, au simple regard de leur hypersensibilité, ce seront eux qui auront sollicité cette aide. Dans tout autre cas, nous aurons reconnu une réponse en présence d’une «non-demande» d’aide [42,3°)]. Soit une agression caractérisée (aussi doucereuse puisse-t-elle se présenter[43][43bis]) contre leur intégrité (morale et physique), de laquelle ils se défendent avec raison. En un tel contexte, cela permet au moins de décrypter la définition unafamesque de l’"hypersensibilité"© : réaction naturelle de défense de tout bien portant tenant un tant soit peu à le rester. Ici comme ailleurs, si "aide" il y a, celle-ci s’exerce exclusivement dans l’intérêt d’un entourage endurant une"souffrance"©particulière… donc, n’ayant pas besoin de "soins"© : prière de ne pas prendre le risque inconsidéré d’aller s’aventurer dans la psylangue [44, note 13] sans le lexique [45] ad hoc… En laissant un instant de côté le dit lexique, on notera en passant l’incohérence faramineuse du discours tenu. En effet, si les "malades"© sont "des être humains hypersensibles", alors ils sont censés savoir mieux que personne les effets que leur produisent les "médicaments"©. De fait, ce sont eux qui lesprennent : pas les "aides"© ! Nonobstant, ce sont bien ces derniers qui passent outre, se brossant là un autoportrait criant de vérité… d’êtres humains insensibles : ce qui fait pour le moins très désordre dans ce paysage suintant de "compassion"©[46] déclarée.
        « Les gens concernés ont toujours du mal à comprendre ce qui se passe dans la tête de ces "malades"©. » Eurêka ! À défaut de savoir QUI sont "les gens concernés", ici on constate avec "admiration" que les "aidants"© n’ont"aucun mal", eux, à "comprendre"© ce qui se passe dans la tête des "malades"©. Il est vrai que certains d’entre eux se distinguent particulièrement : poussant le prodige jusqu’à "comprendre"©[47][48,com.12 à 15] ce qui se passe dans la tête de "malades"©… dont ils ignorent la tête qu’ils ont [49, notes 2,3][50, APR note 82][51, notes 187 à 193] ! Qu’ils connaissent ou non la tête du "malade"©, ils semblent donc plus "concernés"©encore que "les gens concernés" (!) puisque dotés de pouvoirs paranormaux assez puissants pour "comprendre"© ce qui se passe dans une tête étrangère à la leur. Le fait d'en parler permettra-t-il de briser l’ultime tabou lié à ceremarquable phénomène ? C’est qu’en effet, de la longue histoire de l’humanité, cela ne s’était encore jamais vu.

       Parce qu’à n’en pas douter, il s’agit d’extra-lucidité : certainement pas d’intelligence. Celle-ci est en effet exclue : n’est-elle pas le premier critère de définition du "handicap psychique"© ? « Il se définit à partir de trois critères. L'intelligence tout d'abord : les personnes qui "souffrent"© de "troubles psychiques"© ne sont pas des déficients intellectuels, au contraire, elles sont souvent très intelligentes. » Toujours le 324558530.jpgfameux mythe du "savant fou"[33, note 151], servi ici sous un apprêt "scientifique"© afin de ne pas le confondre trop immédiatement avec la fable de la grenouille voulant se faire aussi grosse que le bœuf [52]option hard inédite :  grenouille archi-cuite [53] cherchant à "dégonfler" le bœuf cru. Ici, la morale (attention : ce mot n’appartient pas au lexique…) est encore plus limpide : tout signe extérieur d’intelligence génère manifestement une forte suspicion de "trouble psychique"©. Inversement, il n’est pas moins clair que la déficience intellectuelle offre à qui en jouit une appréciable garantie d’excellente "santé mentale"© : plus la déficience sera profonde, moins le "handicap"© le sera. Ce n’est pas là exactement une surprise, mais il était important de le rappeler : il faut donc apprendre à (sur!)vivre avec. Que proposer alors pour lutter contre les discriminations "malade"©/"bien-portant"©[13]… ou  "loup"©/"agneau"©[54] (pour leur conférer une touche plus bucolique….) ? C’est qu’il n’y a pas moyen de compenser l’image dramatique de la transformation du "loup"© en "agneau"©[55, APR note 39] par de l'information précise sur cette opération : dans la plupart des cas, l’échec est cuisant… à moins, naturellement, d’envisager l’opération inverse : aux résultats plus concluants [9][10].
        Bon sang, mais c’est bien sûr : afin que personne ne songe à vous "aider"©, il suffit de se faire passer pour abruti et idiot [56] ! Hélas, nous savons bien qu’à cet égard,3698174843.gif Laura [57, note 26] nous attend au tournant : apparemment, les abrutis et idiots sont encore trop intelligents… Il ne reste alors qu’une alternative : être con. Très con [29, APR note 15]. Ou mort : très mort ; ce qui -à l’instar du hamster tournant sans fin dans son rouleau-, nous ramène au premier paragraphe du présent commentaire. Dilemme peu reluisant, faisant courir le risque de "souffrir"© de "dépression"©[58][59][60][61] qui est, elle, beaucoup plus nombreuse… et nous replonge dans l’infernal circuit : le "trouble"© de base étant le même, à des degrés différents. Rien qu’à regarder Mr Canneva (cf. vidéo ci-dessous), le "mal"© rôde déjà !


      Il y aurait bien une tierce solution, importante à souligner : ce serait tout simplement de considérer la"souffrance psychique"©comme un phénomène parasitaire très strictement non-médical, comme la difficulté de l’être humain à ne plus même savoir ce que sont les définitions de l’optimisme, de la liberté, de la santé… et bien sûr de l’intelligence. En déclarant l’UNAFAM "d’intérêt public"[62, APR note 26]icon_eek.gif (???), voilà qui n’est pas gagné d’avance : qui accompagnera ses sbires –et toutes leurs pompes- vers la porte de sortie ? Car, à ce qu’il paraît, l’enfermement n’est plus de mise : une bonne nouvelle… à apprendre aux 80 000enfermés [63, APR note 2][64][65] par an.

 

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[4] "La médicalisation ensuite : ces personnes doivent prendre des médicaments en quantité importante, icon_confused.gif avec des effets secondaires notables..." [Ptc]


André Bitton : 23/01/2013 La grosse coalition… 0mn48
(extrait >0h21mn05s- de Radio Libertaire, émission « l’Entonnoir » c/o CRPA)

Version intégrale mp3 : 1h04mn01s
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(fichier Word 5 pages, sans les images)

 

Article restauré au 19 janvier 2015

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14/04/2012

Défaire les ménages ? Bon pour les affaires !

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Faire le ménage, c'est bon pour le moral !
Valérie A.G. Ventureyra

Publié le 15/06/2011
À une époque où la consommation excessive d’antidépresseurs est régulièrement dénoncée dans les médias, la tendance est à la recherche d’alternatives plus naturelles et moins chères pour lutter contre les effets délétères de la dépression. Selon certaines études récentes, l’exercice physique (la pratique d’un sport ou simplement la marche), le jardinage, et plus étonnamment, le ménage, auraient des effets sur le bien-être psychique. Il suffirait de vingt minutes par semaine d’une de ces activités pour améliorer sa santé mentale (davantage, c’est encore mieux).

Les tâches ménagères favorisent donc le bien-être psychique. Pourquoi ? Kelly Lambert, une neurobiologiste américaine, pense avoir la réponse. Elle s’appuie sur le fait que la dépression chez nos ancêtres était beaucoup moins fréquente qu’elle ne l’est aujourd’hui, alors que, paradoxalement, la vie quotidienne était plus difficile. Historiquement, l’être humain devait faire des efforts importants pour survivre. Le cerveau humain serait ainsi programmé pour fournir une “récompense liée à l’effort”, en développant des circuits reliant les “pensées orientées vers un but” à l’effort physique, et au plaisir. Aujourd’hui, avec la facilité matérielle de nos vies (machines à laver, lave-vaisselle, plats préparés), ces circuits ne seraient plus suffisamment stimulés par l’effort, conduisant à moins d’auto-satisfaction, et par conséquent à une augmentation de la vulnérabilité à la dépression.


Depuis quelque temps, thérapeutes et médecins recommandent l’exercice physique pour combattre la déprime. On peut dès lors se demander si les tâches ménagères vont bientôt se faire “sur ordonnance”, puisque s’occuper des tâches ménagères est non seulement bon pour notre maison, mais aussi pour le moral !

Références :
M. Hamer, E. Stamatakis & A. Steptoe, "Dose response relationship between physical activity and mental health : The Scottish Health Survey", British Journal of Sports Medicine, April 2008.
K. G. Lambert, “Rising rates of depression in today’s society: Consideration for the roles of effort-based rewards and enhanced resilience in day-to day”, Neuroscience and Behavioural Reviews, vol. 30, 2006.
G. Mead, W. Morley, P. Campbell, et coll., “Exercise for depression”, Cochrane Database Syst Rev., October 2008.

Article source

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      Après quelques "râles" poussés à l’endroit de l’évanescence psychanalytique [1], la neurobiologie va-t-elle nous réconcilier avec la matière, le palpable… le vérifiable par tout un chacun ? À cet effet, tout pourrait porter à  y contribuer : faut-il être neurobiologiste pour être apte à l’exercice physique, à la mise en marche d’une machine à laver, à se préparer des petits plats… et bien sûr à effectuer des tâches ménagères ? Aura-t-on seulement attendu l’avènement des plus récentes découvertes scientifiques pour se conformer à l’une ou l’autre de ces activités ? Si l’art d’enfoncer des portes ouvertes ne se dément pas [1, note 8], il atteint ici un paroxysme inégalé ; faites le ménage : c’est bon pour le "bien-être psychique"© ! Ce qui, inévitablement, dégage un peu de poussière : alors, on tousse un peu…

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        On tousse déjà en ce qu’on nous apporte une "réponse" d’outre-Atlantique. Peu importe d’où elle vient, en l’espèce : mais dès lors qu’elle nous est "pensée" comme telle –sous une autorité scientifique, de surcroît-, on est en droit d’en attendre une formulation moins évasive que solide. C’est dire qu’ici comme ailleurs, la conjugaison au conditionnel se fait peu recommandable à une assise crédible sur des critères scientifiques. "Auraient des effets", "il suffirait de" : il suffit surtout de traiter de "bien-être psychique"© ou de "santé mentale"©, et c’est la science qui est réduite en aspirateur-industriel-000043164-4.jpgpoussière : cette fois, on nous sollicite la neurobiologie, en vue d’apporter une touche honorable et convenable [2] à un sujet qui, jusque dans ses recommandations conclusives, est néanmoins des plus basiques. Fort heureusement, l’accent porté sur les bienfaits des tâches ménagères nous aura permis de garder l’aspirateur à portée de main !…

        Cependant, jouons le jeu de cette "réponse". Celle-ci présuppose une question : quelle est-elle ? À ce qu’il semble : la lutte contre les effets délétères de la "dépression"©. Comme nombre de thèmes "contre" lesquels on "lutte"© officiellement (fût-ce avec la plus grande sincérité), avant même de courir après des "réponses", la question mérite déjà d’être mieux cernée… sinon (et moins que jamais sans être neurobiologiste !), on a tôt fait d’observer des "réponses" dont l’incarnation risque de porter en elle-même la fâcheuse tendance à développer vertigineusement ce "contre" quoi on "lutte"©[3].
    Premier point : dès l’introduction, on nous dit que la consommation excessive d’antidépresseurs est régulièrement dénoncée dans les médias, la tendance étant à la recherche d’alternatives plus naturelles et moins chères pour lutter contre les effets délétères de la dépression. Fort bien… mais où sont passés les médias lorsqu’il s’agit de dénoncer la tendance à enfermer 80 000 personnes par an [4, APR note 2/][4/2] -sous les prétextes les plus futiles : à commencer par celui de la "dépression"© !- en des lieux [5][5/2] la consommation excessive d’antidépresseurs fait, pour ainsi dire, partie du décor ? Où sont passés les médias lorsque, sur place, lutter contre les effets délétères [6][7] de la seule consommation d’antidépresseurs [8] est la priorité numéro un… de qui veut se préserver la faculté de s’exciter deux ou trois neurones ensemble en sus des tâches ménagères ?

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      Celles-ci favorisent donc le bien-être psychique. Pourquoi ? Notre neurobiologiste s’appuie sur le fait que la dépression chez nos ancêtres était beaucoup moins fréquente qu’elle ne l’est aujourd’hui, alors que, paradoxalement, la vie quotidienne était plus difficile. Historiquement, l’être humain devait faire des efforts importants pour survivre. Ce qui signifie surtout que l’être humain avait tout simplement d’autres soucis que celui de se grattouiller le nombril, à la recherche improbable d’un "bien-être psychique"© dont le seul concept [9, note 2] ne lui affleurait pas même l’esprit ! Parlons-lui de bonheur si l’on veut, de moyens d’éviter le malheur si l’on peut… mais à défaut de lui apparaître odieuses, jusqu’au milieu du XXe siècle [10] (puisqu’il est question d’historicité…), les notions de "bien-être psychique"© (ou de "santé mentale"©) lui étaient parfaitement in-dif-fér-entes ! Naturellement, pas un instant notre neurobiologiste n’ira s’appuyer Montage-arbre-a-fruits-solo-FG.jpgsur le fait que la "dépression"© chez nos ancêtres était beaucoup moins fréquente qu’elle ne l’est, alors que, paradoxalement… il n’y a jamais eu -aujourd’hui- autant de "médecins"© au kilomètre carré à prétendre la "soigner"©[11][12][13][14] : comme si la dénonciation de l’incendie par le pyromane lui-même avait pour vertu magique de le muer en pompier !…  À ce compte-là, il vaut mieux effectivement aller interroger "nos ancêtres" : pendant que l’on distrait l’attention sur des morts dont on est assuré qu’ils ne viendront pas nous contredire, la consommation excessive d’antidépresseurs peut poursuivre sa progression au présent sans que nul ne s’en affecte… sinon des médias "la dénonçant"… en trompe-l’œil : moins pour contribuer à la réduire que pour entretenir régulièrement le terrorisme soft [15, note 16] de la fructueuse [16][17] mythologie "dépressionniste"© qu’elle véhicule. +antidépresseurs = +"dépressions"©, point. Le reste appartenant aux "spécialistes"©[15, notes 7 à 9], les autres sont priés de passer leur chemin, attendu que la frontière du « corps calleux »[18, APR note 33][19,(§6)] leur est fermée jusqu’à nouvel ordre : quand les poules auront des dents [15].

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         De même, nul n’ira s’inquiéter outre-mesure des éventuelles difficultés de la vie quotidienne au sein des établissements favorisant -ô combien !- l’excès consommateur : que ne voilerait-on pas afin de favoriser le "bien-être psychique"©… des tiers non-consommateurs (!), en réponse à leur demande [9,3°),4°)] ? il est vrai que ces déchetteries sociétales [20,com.10,5°)] étant par nature des lieux de non-vie (ou même les tâches ménagères sont hors de propos, puisque dévolues à du personnel attitré !) et de mortel ennui [21, APR note 13][20,com.10,1°)], sans doute se doivent-elles d’être tenus à l’écart de "certaines études récentes recherchant des alternatives plus naturelles et moins chères pour lutter contre les effets délétères de la dépression" Ceci alors que, (paradoxalement ?) il n’y a jamais chez elles autant de soi-disant "dépressifs"© au mètre carré ! Où sont passés les neurobiologistes ? Ils ont pourtant là -à disposition- un formidable "laboratoire" de "recherche"©. À moins, évidemment, qu’ils ne soient ici moins enthousiastes à la perspective de "trouver"©[22] ?… À moins encore que leurs "circuits ne soient plus suffisamment stimulés par l’effort, conduisant à moins d’auto-satisfaction, et par conséquent à une augmentation de la vulnérabilité à la dépression"? Après tout, au sujet de pareille suspicion, ce sont eux qui ont tiré les premiers !

2733060956.jpg       "Depuis quelque temps, thérapeutes et médecins recommandent l’exercice physique pour combattre la déprime." Fort bien… mais qui va nous recommander quoi au sujet de "thérapeutes et médecins"© particulièrement déprimants avec leur auto-alimentation sans fond de la mystification "dépressionniste"© ? Qui va nous recommander quoi lorsqu’ils font mouche [23][24], ayant développé des circuits reliant les “pensées orientées vers un but”, un seul : favoriser "le bien-être psychique"© du"déprimé"©[25] en lui faisant faire évacuer [26, notes 94 à 104] –au plus tôt [27, APR note 166]… et “sur ORDONNANCE[28][29], SVP !- le "déprimant"©[30] de service (réputé ensuite "déprimé"©[26, notes 105 à 107][3, APR note 63] : jolie performance !)… par d’étranges femmes casseroles.jpgde ménage [31]ménageantes, qui eussent alors été mieux inspirées à s’occuper de leurs casseroles [15, APR note 28][20,com.17,18,28,30], de leurs tâches ménagères ?

          "S’occuper des tâches ménagères est non seulement bon pour notre maison, mais aussi pour le moral ?" Questions subsidiaires aux "thérapeutes et médecins"©"combattants de la déprime"© : côté "déprimé"© évacuant, est-ce bon pour sa maison de déléguer des tâches ménagères à des étrangères sans scrupules [32][33][34] ? (Celles-ci n’auraient-elles pas, par ailleurs, un côté "déprimant"© assez appuyé ?…)Mais aussi, pour son moral ? (Nous éviterons de conjuguer le mot au féminin…) Cela ne nuit-il pas à l’exercice physique expressément recommandé ? Côté "déprimant"© évacué, est-il utile de poursuivre plus avant ? Car même à supposer que celui-là sache développer ses circuits, les stimuler par un effort surhumain, se ratatiner grave sa vulnérabilité à la "dépression"©on peut dès lors se demander si les tâches ménagères vont bientôt se faire (elles aussi [35, notes 2,3] !)"par correspondance"[36, APR note 82], puisque vraiment il lui est très difficile de s’en occuper lorsqu’il ne sait plus seulement ce qui est bon ou mauvais pour sa maison… n’y mettant plus les pieds depuis quelque temps [37] (au moins ne la salit-il pas !…). À la limite, on pourrait raisonnablement se demander si cela ne pourrait pas aussi avoir une influence néfaste sur son moral, qui sait ?…

     Moyennant quoi, voilà qui devrait s’avérer excellent pour le moral des "chercheurs"© ! Ne venons-nous pas, en effet, d’étendre prodigieusement le linge le champ de leurs possibles investigations "scientifiques"© ? Il serait "déprimant"© d’imaginer un instant qu’ils ne saisissent pas la balle au bond, en négligeant de venir exploiter sur-le-champ-de-mines tant de zones inexplorées ! Cerise sur le gâteau [38] : tout leur est présent. Rien n’est au conditionnel… et surtout pas au passé : à cet égard, n’aperçoivent-ils pas "nos ancêtres" ? Ils leur font signe de moins s’intéresser à eux… mais d’un peu plus près à ce qu’il y a sous leurs pieds à eux : il y a comme des bosses sous le tapis…

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02/04/2012

Les râleurs font-ils leur beurre ?

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Râler : « une façon de détourner ses peurs »
Par http://sante.lefigaro.fr/sites/all/themes/figarosante/images/icons/ico-f.gif Pascale Senk - le 14/03/2012

INTERVIEW- Pour le Dr Robert Neuburger, le fait de râler est une stratégie permettant de justifier son impuissance à ne pas agir et à faire porter par l'autre son mal être.Neuburger.jpg

Le Dr Robert Neuburger, psychiatre et psychanalyste, vient de publier Exister, le plus intime et fragile des sentiments (Éd. Payot).

LE FIGARO. - Comme psychanalyste, avez-vous souvent à faire à des « patients râleurs » ?

Dr Robert NEUBURGER.  (1) Beaucoup ! Justement, je supervisais récemment un groupe de psychothérapeutes qui se plaignaient d'être désemparés face à ces hommes qui critiquent sans cesse leur femme mais ne lui parlent jamais directement, vont s'en plaindre à leur collègue, par exemple, ou ceux qui répètent sur le divan que le « monde est nul » sans jamais poser d'actes pour participer à son changement. Les râleurs plongent leur interlocuteur dans un grand sentiment d'impuissance, même leur psy ! Car en fait leur revendication vide recouvre une plainte qui ne comporte aucune solution. La parade de l'analyste face à ces critiques stériles, ce peut être de demander « et alors ? », et de se retrouver alors face à un silence gêné. Parce qu'en en réalité, et au fond, ce que veulent les râleurs, c'est que rien ne change.

Pourtant, ils s'expriment beaucoup, ne cessent de répéter leur indignation…

(2) Leurs récriminations sont des stratégies stériles qui n'ont qu'un bénéfice : elles permettent aux râleurs de ne pas se poser les bonnes questions, les plus importantes, à savoir: « Quelle est ma place dans le monde ? Comment exister vraiment, dans ma dignité, par quels actes concrets ? » Râler leur sert aussi à détourner leurs peurs : peur de parler à leur femme et de mettre leur couple en danger, peur de parler à leur patron et de perdre leur travail… D'ailleurs, prendre conscience de ses craintes profondes permet illico d'arrêter les protestations vaines, tout comme se demander ce qu'on pourrait faire si l'on prenait vraiment son problème au sérieux. Enfin, leurs complaintes à répétition leur servent aussi, et c'est essentiel, à culpabiliser leur entourage. Blâmer sans arrêt le monde, les gens, les situations est une façon de dire à celui qu'on inonde de ses griefs : « Prend mon malheur à charge. » Mais contrairement à la culpabilisation « pure » qui cherche à apitoyer l'autre, cette stratégie vise à justifier notre impuissance. C'est une manière de dire à l'autre: « Dis-moi que je ne peux rien y faire, s'il te plaît. »

Comment se comporter alors avec des personnes critiques ?

(3) Une histoire hassidique que j'aime beaucoup donne une réponse à cette question. Une femme vient voir un rabbin et lui dit: « Mon mari prie toute la journée, il ne travaille pas, alors que nous avons déjà huit enfants et besoin d'argent. Je n'en peux plus ! » Le rabbin lui rétorque alors: « Je comprends, je comprends. » Quelques jours plus tard, un homme arrive et dit au rabbin: « Ma femme me harcèle toute la journée pour que j'aille travailler, mais moi je prie toute la journée parce que je sais que c'est plus important. Comment faire pour la faire taire ? » Et le rabbin de répondre : « Je comprends, je comprends. » L'homme s'en va, dépité. C'est alors la femme du rabbin qui surgit dans la pièce et dit à son mari: « Mais quel rabbin tu fais là, vraiment, quel imposteur ! Tu redis toujours la même chose à tous tes plaignants ! Quel travail ! » Et le rabbin, après un temps de silence, de lui répondre: « Je comprends, je comprends. » C'est là, la clé : les râleurs ont simplement besoin d'être écoutés. C'est alors une manière pour eux de se sentir valorisés.

Source : Lefigaro.fr http://sante.lefigaro.fr/sites/all/themes/figarosante/images/icons/ico-f.gif

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      Râler contre le "Dr"©[1, APR note 9][2>2, APR note 109] Neuburger sera-t-il une "stratégie permettant de justifier [3,Jn(1)] son impuissance à ne pas agir et à faire porter par l’autre son mal être" ? À cet égard, il faudrait déjà partir du principe d’un "mal être" chez soi… puis pousser le râle à l’avenant. Le pousser, ce serait in fine déconsidérer les propos tenus, voire les contredire d’une manière ou d’une autre. Or, ces propos n’étant pas inexacts en soi, pourquoi les contredire… hors cet éventuel contexte précis de vouloir à tout prix "justifier son impuissance à ne pas agir et à faire porter par l’autre son mal être" ? Pour l’heure, si râle il y a d’entrée de jeu, celui-ci porte davantage sur le titre de l’interviewé (son "trop être", pourrait-on dire) que sur l’éventuel "mal être" du présent commentateur ! Le plus surfait des magiciens ne saurait voir ses propos remis en cause si, levant la tête et constatant que le ciel est sans nuages, il déclare qu’il fait beau [4][5]. En effet, s’il fait beau, il fait beau pour tout le monde [6, APR note 12]icon_cool.gif : même pour le pire des râleurs [7,Mt(4)] ! Si celui-ci ferme les yeux, décrète qu’il fait nuit -ou qu’il fait un sale temps-, c’est alors une manière pour lui de dévaloriser le climat régnant [(3)]. Naturellement, cela ne change rien à la météo (!) : il a donc ce qu’il veut [(1)].
         Ainsi les propos succinctement énumérés plus haut par Mr Neuburger ne sont-ils pas inexacts en soi : en cela, il est assez fidèle à une "profession"© dont ne se dément pas l’art d’enfoncer des portes ouvertes… tout en donnant l’impression, l’illusion [8, APR note 44] d’explorer quelque terrain vierge, à l’issue d’un long périple réservé aux initiés. Ainsi va-t-on se justifier de la précieuse expérience d’une longue et brillante carrière derrière soi qui, seule, serait à même d’offrir la "sagesse" et la compétence [9. AV note 204] requises à remarquer chez l’autre des attitudes qui échappent censément aux sens du commun des mortels [10, note 85][11]… à commencer par le râleur, bien sûr. Dans cette optique, la TOUCHe [12] finale d’un vieux sage produira toujours son petit effet, venant à point nommé appuyer la "sagesse" du praticien le citant : ici, aura été sollicité un rabbin [(3)]. Avec ce dernier, ne comprend-on pas mieux, ne comprend-on pas mieux ?

    O3308973337.jpgr, si l’observation de cette "stratégie permettant de justifier son impuissance à ne pas agir et à faire porter par l’autre son mal être" peut assurément avoir un côté jungle [13], elle n’est en rien un terrain vierge. Pour s’établir, elle n’attend pas davantage les fruits éventuels d’une longue, riche et brillante carrière derrière soi ! En effet, qui mieux que… le "loup"©[14][15][16][17][18][7][19][3] (ou le "monstre"©[20][21] icon_twisted.gif) pourrait affiner la dite observation ? Cette sale bête n’a pas besoin de longues années d’études [22, APR note 32] (ou d’expérience) : ce que le praticien mettra dix, vingt, trente ans ou plus à "découvrir", lui le connaît in vivo… en à peine cinq minutes [23, AV note 31] icon_razz.gif ! Les longues années existent aussi pour lui [24][25] :  mais a posteriori. En effet, elles portent moins à l’étude théorique qu’à l’exercice pratique ! Incarnation obligée de la "stratégie", "porteur du mal être de l’autre" sont là très exactement [26] les définitions les plus élémentaires du "loup"© "monstrueux"©.

       Exister, le plus intime et fragile des sentiments ? Titre pervers… puisque réduisant drastiquement la question existentielle à du "sentiment". Plus fragile encore que l’illustre aphorisme de Descartes (« je pense, donc je suis »[27]), nous dégringolons ici au « je "sens", donc je suis » ; « je "sens", je n’ai même plus besoin de penser. » [ Petite annonce : vends« hémisphère gauche »[28,(§6)], état neuf, peu servi, cause sans emploi, l’« hémisphère droit » assurant "l’existence". Faire offre au journal, qui transmettra à Mr Neuburger… ]
     D’ores et déjà, nos amies les
bêtes [29, note 7] "n’existent pas" (ce qui risque d’en faire râler quelques-uns…) ! Ne parlons pas des végétaux, des minéraux… ou de tout objet manufacturé. Sans doute Mr Neuburger voyage-t-il (lui aussi [30]) par un mystérieux phénomène de "transkinésie"… aucun moyen de transport "n’existant" non plus. Probablement vit-il en apnée, l’air ambiant "n’existant" pas davantage (mais il peut sentir !), etc. Ici encore, en revanche, le "loup"© "monstrueux"© va pouvoir se distinguer. Ilconfirme en effet que chez l’"agneau"© (ou le lapin [31], bien sûr), "l’existence" est un "sentiment fragile" icon_rolleyes.gif. Sauf qu’il ne s’agit pas de la sienne… mais de celle du "loup"© lui-même ! De fait, il compte bien sur le "spécialiste"©[32] de "l’existence sensitive", qui lui justifiera [29,8] la "non-existence"[34, APR note 76] du "loup"©. Ce qui apporte alors à l’"agneau"© (lapin) un surcroît d’"existence", sa vie étant sauvée !

      On observera donc que tous les "psychothérapeutes"© ne sont pas si désemparés face à des non"monstres"© qui critiquent sans cesse des "monstres"©mais ne leur parlent jamais directement… et vont s’en plaindre à eux, par exemple [(1)]. Car c’est à eux qu’on délègue [35] les actes qui puissent participer à changer le "loup"©en "agneau"©. Et si les râleurs non "monstrueux"© plongent leur interlocuteur dans un grand sentiment d’impuissance, même leur psy ? Il semble toutefois que certains d’entre eux soient néanmoins plus "puissants"©[36, note 12] que les autres ! Car en fait la revendication vide des non-"monstres"© recouvre une plainte qui comporte tout de même une solution radicale [37] : pour rappel, la "dissolution" de l’"existence" du "monstre"©. Dès lors, s’il y a parade de l'"analyste"©(sic) , ce ne sera pas tant face à ces critiques stériles… que contre celles, nettement plus consistantes, du "loup"© râlant d’en faire les frais ! Cette parade est alors la suivante : « il "n’existe pas"©[38, notes 53 à 56], donc il est "dangereux"©[26, APR note 151][39,com.28,29,32,33,44]. icon_eek.gif »

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           Râler : « une façon de détourner ses peurs » ? Pourquoi pas ? Mais c’est encore là une façon presque anodine. Parce qu'en en réalité, et au fond, ce que veulent les râleurs, c'est que rien ne change [(1)]… sauf le "loup"© "non-existant" : s’il se laissait gentiment changer en "agneau"©, il aurait le "droit" d’"exister". Sinon il représente une "grave"© menace pour la "digne existence" des autres : dans ce cas, c’est lui qui est détourné ! Ainsi, l’autre façon de détourner « ses peurs » -moins anodine et plus radicale-, c’est bien sûr ce fichu "loup"© : il en est l’incarnation par définition. Le faire "non-exister", c’est aussi s’en détourner. « Quelle est ma place dans le monde ? Comment exister vraiment, dans ma dignité, par quels actes concrets ? [(2)] » Si le "loup"© est à la place du conjoint, le plus "urgent" des actes concrets est de "prendre conscience de ses craintes profondes". Celles du "loup"© sont indubitablement plus "profondes" que la peur de parler à son conjoint et de mettre son couple en danger ? Or, le "loup"© étant alors à la place du conjoint, tout va bien pour le conjoint "agneau"© survivant (pour combien de temps icon_sad.gif ?) : tant que le "loup"© "ne prend pas vraiment au sérieux icon_razz.gif [(2)] "son" problème" de "loup"©, qu’il ne se laisse pas gentiment changer en "agneau"©, c’est lui –et lui seul- qui "met le couple en danger"©. Du reste n’est-il pas précisément l’incarnation redoutable du "danger"©[26, APR note 151][39,com.28,29,32,33,44][3, notes 25,26] icon_twisted.gif ? Sous de tels auspices, la proposition de Mr Neuburger se voit complètement retournée : ainsi, sous l’impeccable alibi de la "prophylaxie"© anti-"loup"©, le conjoint "agneau"© va "se servir de ses complaintes à répétition" non plus pour "culpabiliser son entourage", mais pour lui faire peur à propos du "loup"©[20,art.4,5]. Ce qui lui fournit également un formidable alibi, lui conférant le "droit" de briser toute intimité du couple en l’ouvrant à tout le monde [6, APR note 12][40]sauf au "loup"©, bien sûr. Grâce à quoi, non seulement son entourage ne sera en rien culpabilisé, mais il aura été si efficacement apeuré qu’il s’en verra assez justif[20,art.1] pour s’enhardir à aller culpabiliser le "loup"© lui-même [20,art.6] : mettant son couple en danger avec d’autant plus de désinvolture [3, APR note 114] qu’il ne s’agit pas 2075168698.jpgdu leur [41], c’est à qui ne viendra pas "l’inonder de ses griefs" abondamment tartinés de pressions affectives : « Prend son malheur à charge [(2)]. » En d’autres termes : « Tu es le "loup"© : donc, la seule cause de son malheur (crime quasi impardonnable dans un contexte conjugal [19, AV note 96] !). Tant que tu persistes à rester le "loup"© (alors qu’à ce qu’"il paraît", il "existe"©[38, notes 53 à 56] tant de merveilleuses [42] méthodes permettant de changer les "loups"© en "agneaux"©[43][44][44bis][45][46] !…) tout malheur passé, présent et à venir est de ta faute… y compris le tien. » C’est là effectivement "de la culpabilisation « pure » qui cherche à apitoyer"[(2)] un "loup"© -quitte à l’en "harceler toute la journée"[(3)]- alors que personne n’en a aucunement pitié [29,9,11][47, notes 5,6] : entre le "loup"© et l’"agneau"©, lequel des deux attirera le plus spontanément la pitié sur un troupeau d’"agneaux"© icon_rolleyes.gif ?… 
     Ainsi le "loup"© est-il "prié toute la journée parce qu’on "sait"©[48] que c’est plus important"[49]. "Comment faire taire" sa "lupitude"© ? Même le rabbin de Mr Neuburger n’échappera pas au renversement de perspective ! À sa place, tout le monde répond : « Je n’y comprends rien, je n’y comprends rien. » (soit parce que c’est la faute du "loup"© -la sale bête râle "compulsivement"©[39,com.14][21, note 38][3, APR note 108] !-, soit parce que c’est décidément trop "compliqué"[19, AV note 21]…) « Je n’y comprends rien… mais je "conseille"©[51, APR note 57] comme si j’avais tout compris. »

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       On pourrait transposer la formule à un espace vert privé amoureusement entretenu. Sur un gazon sans défaut, trône une pancarte bien en vue : « pelouse interdite ». « Je ne sais pas lire, je ne sais pas lire »… mais tout le monde "sait" parfaitement enjamber la pancarte, pique-niquer, courir, creuser des trous dans l’herbe fraîche afin d’improviser un golf de fortune, puis laisser abondance de détritus. Lorsque le propriétaire revient sur les lieux, ô désolation : son précieux terrain est littéralement massacré [52] icon_cry.gif. Ou "mieux" : il était resté sur place, leur lisant à haute voix [53, notes 100 à 105]icon_surprised.gif le contenu de la pancarte. Las ; on lui aura répondu en chœur : « Nous n’y entendons rien, nous n’y entendons rien. » Seul contre tous, la malheureux n’aura pas davantage pu éviter le carnage. Dans les deux cas, s’il n’a pas pu, c’est aussi de sa faute ! C’est là, la clé… des "agneaux"©  : les "loups"© propriétaires râleurs n’ont pas besoin d'être écoutés [(3)], eux, mais d’être dévalorisés en "locataires"©[54][55][56].
      C'est alors une manière pour
les "agneaux"© piétinant la pelouse (et la broutant [57][58][47, note 12]) de "se sentir" valorisés_[59][60, APR note 76] icon_idea.gif.

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Article restauré au 24 janvier 2015

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