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14/04/2012

Défaire les ménages ? Bon pour les affaires !

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Faire le ménage, c'est bon pour le moral !
Valérie A.G. Ventureyra

Publié le 15/06/2011
À une époque où la consommation excessive d’antidépresseurs est régulièrement dénoncée dans les médias, la tendance est à la recherche d’alternatives plus naturelles et moins chères pour lutter contre les effets délétères de la dépression. Selon certaines études récentes, l’exercice physique (la pratique d’un sport ou simplement la marche), le jardinage, et plus étonnamment, le ménage, auraient des effets sur le bien-être psychique. Il suffirait de vingt minutes par semaine d’une de ces activités pour améliorer sa santé mentale (davantage, c’est encore mieux).

Les tâches ménagères favorisent donc le bien-être psychique. Pourquoi ? Kelly Lambert, une neurobiologiste américaine, pense avoir la réponse. Elle s’appuie sur le fait que la dépression chez nos ancêtres était beaucoup moins fréquente qu’elle ne l’est aujourd’hui, alors que, paradoxalement, la vie quotidienne était plus difficile. Historiquement, l’être humain devait faire des efforts importants pour survivre. Le cerveau humain serait ainsi programmé pour fournir une “récompense liée à l’effort”, en développant des circuits reliant les “pensées orientées vers un but” à l’effort physique, et au plaisir. Aujourd’hui, avec la facilité matérielle de nos vies (machines à laver, lave-vaisselle, plats préparés), ces circuits ne seraient plus suffisamment stimulés par l’effort, conduisant à moins d’auto-satisfaction, et par conséquent à une augmentation de la vulnérabilité à la dépression.


Depuis quelque temps, thérapeutes et médecins recommandent l’exercice physique pour combattre la déprime. On peut dès lors se demander si les tâches ménagères vont bientôt se faire “sur ordonnance”, puisque s’occuper des tâches ménagères est non seulement bon pour notre maison, mais aussi pour le moral !

Références :
M. Hamer, E. Stamatakis & A. Steptoe, "Dose response relationship between physical activity and mental health : The Scottish Health Survey", British Journal of Sports Medicine, April 2008.
K. G. Lambert, “Rising rates of depression in today’s society: Consideration for the roles of effort-based rewards and enhanced resilience in day-to day”, Neuroscience and Behavioural Reviews, vol. 30, 2006.
G. Mead, W. Morley, P. Campbell, et coll., “Exercise for depression”, Cochrane Database Syst Rev., October 2008.

Article source

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      Après quelques "râles" poussés à l’endroit de l’évanescence psychanalytique [1], la neurobiologie va-t-elle nous réconcilier avec la matière, le palpable… le vérifiable par tout un chacun ? À cet effet, tout pourrait porter à  y contribuer : faut-il être neurobiologiste pour être apte à l’exercice physique, à la mise en marche d’une machine à laver, à se préparer des petits plats… et bien sûr à effectuer des tâches ménagères ? Aura-t-on seulement attendu l’avènement des plus récentes découvertes scientifiques pour se conformer à l’une ou l’autre de ces activités ? Si l’art d’enfoncer des portes ouvertes ne se dément pas [1, note 8], il atteint ici un paroxysme inégalé ; faites le ménage : c’est bon pour le "bien-être psychique"© ! Ce qui, inévitablement, dégage un peu de poussière : alors, on tousse un peu…

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        On tousse déjà en ce qu’on nous apporte une "réponse" d’outre-Atlantique. Peu importe d’où elle vient, en l’espèce : mais dès lors qu’elle nous est "pensée" comme telle –sous une autorité scientifique, de surcroît-, on est en droit d’en attendre une formulation moins évasive que solide. C’est dire qu’ici comme ailleurs, la conjugaison au conditionnel se fait peu recommandable à une assise crédible sur des critères scientifiques. "Auraient des effets", "il suffirait de" : il suffit surtout de traiter de "bien-être psychique"© ou de "santé mentale"©, et c’est la science qui est réduite en aspirateur-industriel-000043164-4.jpgpoussière : cette fois, on nous sollicite la neurobiologie, en vue d’apporter une touche honorable et convenable [2] à un sujet qui, jusque dans ses recommandations conclusives, est néanmoins des plus basiques. Fort heureusement, l’accent porté sur les bienfaits des tâches ménagères nous aura permis de garder l’aspirateur à portée de main !…

        Cependant, jouons le jeu de cette "réponse". Celle-ci présuppose une question : quelle est-elle ? À ce qu’il semble : la lutte contre les effets délétères de la "dépression"©. Comme nombre de thèmes "contre" lesquels on "lutte"© officiellement (fût-ce avec la plus grande sincérité), avant même de courir après des "réponses", la question mérite déjà d’être mieux cernée… sinon (et moins que jamais sans être neurobiologiste !), on a tôt fait d’observer des "réponses" dont l’incarnation risque de porter en elle-même la fâcheuse tendance à développer vertigineusement ce "contre" quoi on "lutte"©[3].
    Premier point : dès l’introduction, on nous dit que la consommation excessive d’antidépresseurs est régulièrement dénoncée dans les médias, la tendance étant à la recherche d’alternatives plus naturelles et moins chères pour lutter contre les effets délétères de la dépression. Fort bien… mais où sont passés les médias lorsqu’il s’agit de dénoncer la tendance à enfermer 80 000 personnes par an [4, APR note 2/][4/2] -sous les prétextes les plus futiles : à commencer par celui de la "dépression"© !- en des lieux [5][5/2] la consommation excessive d’antidépresseurs fait, pour ainsi dire, partie du décor ? Où sont passés les médias lorsque, sur place, lutter contre les effets délétères [6][7] de la seule consommation d’antidépresseurs [8] est la priorité numéro un… de qui veut se préserver la faculté de s’exciter deux ou trois neurones ensemble en sus des tâches ménagères ?

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      Celles-ci favorisent donc le bien-être psychique. Pourquoi ? Notre neurobiologiste s’appuie sur le fait que la dépression chez nos ancêtres était beaucoup moins fréquente qu’elle ne l’est aujourd’hui, alors que, paradoxalement, la vie quotidienne était plus difficile. Historiquement, l’être humain devait faire des efforts importants pour survivre. Ce qui signifie surtout que l’être humain avait tout simplement d’autres soucis que celui de se grattouiller le nombril, à la recherche improbable d’un "bien-être psychique"© dont le seul concept [9, note 2] ne lui affleurait pas même l’esprit ! Parlons-lui de bonheur si l’on veut, de moyens d’éviter le malheur si l’on peut… mais à défaut de lui apparaître odieuses, jusqu’au milieu du XXe siècle [10] (puisqu’il est question d’historicité…), les notions de "bien-être psychique"© (ou de "santé mentale"©) lui étaient parfaitement in-dif-fér-entes ! Naturellement, pas un instant notre neurobiologiste n’ira s’appuyer Montage-arbre-a-fruits-solo-FG.jpgsur le fait que la "dépression"© chez nos ancêtres était beaucoup moins fréquente qu’elle ne l’est, alors que, paradoxalement… il n’y a jamais eu -aujourd’hui- autant de "médecins"© au kilomètre carré à prétendre la "soigner"©[11][12][13][14] : comme si la dénonciation de l’incendie par le pyromane lui-même avait pour vertu magique de le muer en pompier !…  À ce compte-là, il vaut mieux effectivement aller interroger "nos ancêtres" : pendant que l’on distrait l’attention sur des morts dont on est assuré qu’ils ne viendront pas nous contredire, la consommation excessive d’antidépresseurs peut poursuivre sa progression au présent sans que nul ne s’en affecte… sinon des médias "la dénonçant"… en trompe-l’œil : moins pour contribuer à la réduire que pour entretenir régulièrement le terrorisme soft [15, note 16] de la fructueuse [16][17] mythologie "dépressionniste"© qu’elle véhicule. +antidépresseurs = +"dépressions"©, point. Le reste appartenant aux "spécialistes"©[15, notes 7 à 9], les autres sont priés de passer leur chemin, attendu que la frontière du « corps calleux »[18, APR note 33][19,(§6)] leur est fermée jusqu’à nouvel ordre : quand les poules auront des dents [15].

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         De même, nul n’ira s’inquiéter outre-mesure des éventuelles difficultés de la vie quotidienne au sein des établissements favorisant -ô combien !- l’excès consommateur : que ne voilerait-on pas afin de favoriser le "bien-être psychique"©… des tiers non-consommateurs (!), en réponse à leur demande [9,3°),4°)] ? il est vrai que ces déchetteries sociétales [20,com.10,5°)] étant par nature des lieux de non-vie (ou même les tâches ménagères sont hors de propos, puisque dévolues à du personnel attitré !) et de mortel ennui [21, APR note 13][20,com.10,1°)], sans doute se doivent-elles d’être tenus à l’écart de "certaines études récentes recherchant des alternatives plus naturelles et moins chères pour lutter contre les effets délétères de la dépression" Ceci alors que, (paradoxalement ?) il n’y a jamais chez elles autant de soi-disant "dépressifs"© au mètre carré ! Où sont passés les neurobiologistes ? Ils ont pourtant là -à disposition- un formidable "laboratoire" de "recherche"©. À moins, évidemment, qu’ils ne soient ici moins enthousiastes à la perspective de "trouver"©[22] ?… À moins encore que leurs "circuits ne soient plus suffisamment stimulés par l’effort, conduisant à moins d’auto-satisfaction, et par conséquent à une augmentation de la vulnérabilité à la dépression"? Après tout, au sujet de pareille suspicion, ce sont eux qui ont tiré les premiers !

2733060956.jpg       "Depuis quelque temps, thérapeutes et médecins recommandent l’exercice physique pour combattre la déprime." Fort bien… mais qui va nous recommander quoi au sujet de "thérapeutes et médecins"© particulièrement déprimants avec leur auto-alimentation sans fond de la mystification "dépressionniste"© ? Qui va nous recommander quoi lorsqu’ils font mouche [23][24], ayant développé des circuits reliant les “pensées orientées vers un but”, un seul : favoriser "le bien-être psychique"© du"déprimé"©[25] en lui faisant faire évacuer [26, notes 94 à 104] –au plus tôt [27, APR note 166]… et “sur ORDONNANCE[28][29], SVP !- le "déprimant"©[30] de service (réputé ensuite "déprimé"©[26, notes 105 à 107][3, APR note 63] : jolie performance !)… par d’étranges femmes casseroles.jpgde ménage [31]ménageantes, qui eussent alors été mieux inspirées à s’occuper de leurs casseroles [15, APR note 28][20,com.17,18,28,30], de leurs tâches ménagères ?

          "S’occuper des tâches ménagères est non seulement bon pour notre maison, mais aussi pour le moral ?" Questions subsidiaires aux "thérapeutes et médecins"©"combattants de la déprime"© : côté "déprimé"© évacuant, est-ce bon pour sa maison de déléguer des tâches ménagères à des étrangères sans scrupules [32][33][34] ? (Celles-ci n’auraient-elles pas, par ailleurs, un côté "déprimant"© assez appuyé ?…)Mais aussi, pour son moral ? (Nous éviterons de conjuguer le mot au féminin…) Cela ne nuit-il pas à l’exercice physique expressément recommandé ? Côté "déprimant"© évacué, est-il utile de poursuivre plus avant ? Car même à supposer que celui-là sache développer ses circuits, les stimuler par un effort surhumain, se ratatiner grave sa vulnérabilité à la "dépression"©on peut dès lors se demander si les tâches ménagères vont bientôt se faire (elles aussi [35, notes 2,3] !)"par correspondance"[36, APR note 82], puisque vraiment il lui est très difficile de s’en occuper lorsqu’il ne sait plus seulement ce qui est bon ou mauvais pour sa maison… n’y mettant plus les pieds depuis quelque temps [37] (au moins ne la salit-il pas !…). À la limite, on pourrait raisonnablement se demander si cela ne pourrait pas aussi avoir une influence néfaste sur son moral, qui sait ?…

     Moyennant quoi, voilà qui devrait s’avérer excellent pour le moral des "chercheurs"© ! Ne venons-nous pas, en effet, d’étendre prodigieusement le linge le champ de leurs possibles investigations "scientifiques"© ? Il serait "déprimant"© d’imaginer un instant qu’ils ne saisissent pas la balle au bond, en négligeant de venir exploiter sur-le-champ-de-mines tant de zones inexplorées ! Cerise sur le gâteau [38] : tout leur est présent. Rien n’est au conditionnel… et surtout pas au passé : à cet égard, n’aperçoivent-ils pas "nos ancêtres" ? Ils leur font signe de moins s’intéresser à eux… mais d’un peu plus près à ce qu’il y a sous leurs pieds à eux : il y a comme des bosses sous le tapis…

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Article restauré au 25 janvier 2015

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02/04/2012

Les râleurs font-ils leur beurre ?

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Râler : « une façon de détourner ses peurs »
Par http://sante.lefigaro.fr/sites/all/themes/figarosante/images/icons/ico-f.gif Pascale Senk - le 14/03/2012

INTERVIEW- Pour le Dr Robert Neuburger, le fait de râler est une stratégie permettant de justifier son impuissance à ne pas agir et à faire porter par l'autre son mal être.Neuburger.jpg

Le Dr Robert Neuburger, psychiatre et psychanalyste, vient de publier Exister, le plus intime et fragile des sentiments (Éd. Payot).

LE FIGARO. - Comme psychanalyste, avez-vous souvent à faire à des « patients râleurs » ?

Dr Robert NEUBURGER.  (1) Beaucoup ! Justement, je supervisais récemment un groupe de psychothérapeutes qui se plaignaient d'être désemparés face à ces hommes qui critiquent sans cesse leur femme mais ne lui parlent jamais directement, vont s'en plaindre à leur collègue, par exemple, ou ceux qui répètent sur le divan que le « monde est nul » sans jamais poser d'actes pour participer à son changement. Les râleurs plongent leur interlocuteur dans un grand sentiment d'impuissance, même leur psy ! Car en fait leur revendication vide recouvre une plainte qui ne comporte aucune solution. La parade de l'analyste face à ces critiques stériles, ce peut être de demander « et alors ? », et de se retrouver alors face à un silence gêné. Parce qu'en en réalité, et au fond, ce que veulent les râleurs, c'est que rien ne change.

Pourtant, ils s'expriment beaucoup, ne cessent de répéter leur indignation…

(2) Leurs récriminations sont des stratégies stériles qui n'ont qu'un bénéfice : elles permettent aux râleurs de ne pas se poser les bonnes questions, les plus importantes, à savoir: « Quelle est ma place dans le monde ? Comment exister vraiment, dans ma dignité, par quels actes concrets ? » Râler leur sert aussi à détourner leurs peurs : peur de parler à leur femme et de mettre leur couple en danger, peur de parler à leur patron et de perdre leur travail… D'ailleurs, prendre conscience de ses craintes profondes permet illico d'arrêter les protestations vaines, tout comme se demander ce qu'on pourrait faire si l'on prenait vraiment son problème au sérieux. Enfin, leurs complaintes à répétition leur servent aussi, et c'est essentiel, à culpabiliser leur entourage. Blâmer sans arrêt le monde, les gens, les situations est une façon de dire à celui qu'on inonde de ses griefs : « Prend mon malheur à charge. » Mais contrairement à la culpabilisation « pure » qui cherche à apitoyer l'autre, cette stratégie vise à justifier notre impuissance. C'est une manière de dire à l'autre: « Dis-moi que je ne peux rien y faire, s'il te plaît. »

Comment se comporter alors avec des personnes critiques ?

(3) Une histoire hassidique que j'aime beaucoup donne une réponse à cette question. Une femme vient voir un rabbin et lui dit: « Mon mari prie toute la journée, il ne travaille pas, alors que nous avons déjà huit enfants et besoin d'argent. Je n'en peux plus ! » Le rabbin lui rétorque alors: « Je comprends, je comprends. » Quelques jours plus tard, un homme arrive et dit au rabbin: « Ma femme me harcèle toute la journée pour que j'aille travailler, mais moi je prie toute la journée parce que je sais que c'est plus important. Comment faire pour la faire taire ? » Et le rabbin de répondre : « Je comprends, je comprends. » L'homme s'en va, dépité. C'est alors la femme du rabbin qui surgit dans la pièce et dit à son mari: « Mais quel rabbin tu fais là, vraiment, quel imposteur ! Tu redis toujours la même chose à tous tes plaignants ! Quel travail ! » Et le rabbin, après un temps de silence, de lui répondre: « Je comprends, je comprends. » C'est là, la clé : les râleurs ont simplement besoin d'être écoutés. C'est alors une manière pour eux de se sentir valorisés.

Source : Lefigaro.fr http://sante.lefigaro.fr/sites/all/themes/figarosante/images/icons/ico-f.gif

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      Râler contre le "Dr"©[1, APR note 9][2>2, APR note 109] Neuburger sera-t-il une "stratégie permettant de justifier [3,Jn(1)] son impuissance à ne pas agir et à faire porter par l’autre son mal être" ? À cet égard, il faudrait déjà partir du principe d’un "mal être" chez soi… puis pousser le râle à l’avenant. Le pousser, ce serait in fine déconsidérer les propos tenus, voire les contredire d’une manière ou d’une autre. Or, ces propos n’étant pas inexacts en soi, pourquoi les contredire… hors cet éventuel contexte précis de vouloir à tout prix "justifier son impuissance à ne pas agir et à faire porter par l’autre son mal être" ? Pour l’heure, si râle il y a d’entrée de jeu, celui-ci porte davantage sur le titre de l’interviewé (son "trop être", pourrait-on dire) que sur l’éventuel "mal être" du présent commentateur ! Le plus surfait des magiciens ne saurait voir ses propos remis en cause si, levant la tête et constatant que le ciel est sans nuages, il déclare qu’il fait beau [4][5]. En effet, s’il fait beau, il fait beau pour tout le monde [6, APR note 12]icon_cool.gif : même pour le pire des râleurs [7,Mt(4)] ! Si celui-ci ferme les yeux, décrète qu’il fait nuit -ou qu’il fait un sale temps-, c’est alors une manière pour lui de dévaloriser le climat régnant [(3)]. Naturellement, cela ne change rien à la météo (!) : il a donc ce qu’il veut [(1)].
         Ainsi les propos succinctement énumérés plus haut par Mr Neuburger ne sont-ils pas inexacts en soi : en cela, il est assez fidèle à une "profession"© dont ne se dément pas l’art d’enfoncer des portes ouvertes… tout en donnant l’impression, l’illusion [8, APR note 44] d’explorer quelque terrain vierge, à l’issue d’un long périple réservé aux initiés. Ainsi va-t-on se justifier de la précieuse expérience d’une longue et brillante carrière derrière soi qui, seule, serait à même d’offrir la "sagesse" et la compétence [9. AV note 204] requises à remarquer chez l’autre des attitudes qui échappent censément aux sens du commun des mortels [10, note 85][11]… à commencer par le râleur, bien sûr. Dans cette optique, la TOUCHe [12] finale d’un vieux sage produira toujours son petit effet, venant à point nommé appuyer la "sagesse" du praticien le citant : ici, aura été sollicité un rabbin [(3)]. Avec ce dernier, ne comprend-on pas mieux, ne comprend-on pas mieux ?

    O3308973337.jpgr, si l’observation de cette "stratégie permettant de justifier son impuissance à ne pas agir et à faire porter par l’autre son mal être" peut assurément avoir un côté jungle [13], elle n’est en rien un terrain vierge. Pour s’établir, elle n’attend pas davantage les fruits éventuels d’une longue, riche et brillante carrière derrière soi ! En effet, qui mieux que… le "loup"©[14][15][16][17][18][7][19][3] (ou le "monstre"©[20][21] icon_twisted.gif) pourrait affiner la dite observation ? Cette sale bête n’a pas besoin de longues années d’études [22, APR note 32] (ou d’expérience) : ce que le praticien mettra dix, vingt, trente ans ou plus à "découvrir", lui le connaît in vivo… en à peine cinq minutes [23, AV note 31] icon_razz.gif ! Les longues années existent aussi pour lui [24][25] :  mais a posteriori. En effet, elles portent moins à l’étude théorique qu’à l’exercice pratique ! Incarnation obligée de la "stratégie", "porteur du mal être de l’autre" sont là très exactement [26] les définitions les plus élémentaires du "loup"© "monstrueux"©.

       Exister, le plus intime et fragile des sentiments ? Titre pervers… puisque réduisant drastiquement la question existentielle à du "sentiment". Plus fragile encore que l’illustre aphorisme de Descartes (« je pense, donc je suis »[27]), nous dégringolons ici au « je "sens", donc je suis » ; « je "sens", je n’ai même plus besoin de penser. » [ Petite annonce : vends« hémisphère gauche »[28,(§6)], état neuf, peu servi, cause sans emploi, l’« hémisphère droit » assurant "l’existence". Faire offre au journal, qui transmettra à Mr Neuburger… ]
     D’ores et déjà, nos amies les
bêtes [29, note 7] "n’existent pas" (ce qui risque d’en faire râler quelques-uns…) ! Ne parlons pas des végétaux, des minéraux… ou de tout objet manufacturé. Sans doute Mr Neuburger voyage-t-il (lui aussi [30]) par un mystérieux phénomène de "transkinésie"… aucun moyen de transport "n’existant" non plus. Probablement vit-il en apnée, l’air ambiant "n’existant" pas davantage (mais il peut sentir !), etc. Ici encore, en revanche, le "loup"© "monstrueux"© va pouvoir se distinguer. Ilconfirme en effet que chez l’"agneau"© (ou le lapin [31], bien sûr), "l’existence" est un "sentiment fragile" icon_rolleyes.gif. Sauf qu’il ne s’agit pas de la sienne… mais de celle du "loup"© lui-même ! De fait, il compte bien sur le "spécialiste"©[32] de "l’existence sensitive", qui lui justifiera [29,8] la "non-existence"[34, APR note 76] du "loup"©. Ce qui apporte alors à l’"agneau"© (lapin) un surcroît d’"existence", sa vie étant sauvée !

      On observera donc que tous les "psychothérapeutes"© ne sont pas si désemparés face à des non"monstres"© qui critiquent sans cesse des "monstres"©mais ne leur parlent jamais directement… et vont s’en plaindre à eux, par exemple [(1)]. Car c’est à eux qu’on délègue [35] les actes qui puissent participer à changer le "loup"©en "agneau"©. Et si les râleurs non "monstrueux"© plongent leur interlocuteur dans un grand sentiment d’impuissance, même leur psy ? Il semble toutefois que certains d’entre eux soient néanmoins plus "puissants"©[36, note 12] que les autres ! Car en fait la revendication vide des non-"monstres"© recouvre une plainte qui comporte tout de même une solution radicale [37] : pour rappel, la "dissolution" de l’"existence" du "monstre"©. Dès lors, s’il y a parade de l'"analyste"©(sic) , ce ne sera pas tant face à ces critiques stériles… que contre celles, nettement plus consistantes, du "loup"© râlant d’en faire les frais ! Cette parade est alors la suivante : « il "n’existe pas"©[38, notes 53 à 56], donc il est "dangereux"©[26, APR note 151][39,com.28,29,32,33,44]. icon_eek.gif »

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           Râler : « une façon de détourner ses peurs » ? Pourquoi pas ? Mais c’est encore là une façon presque anodine. Parce qu'en en réalité, et au fond, ce que veulent les râleurs, c'est que rien ne change [(1)]… sauf le "loup"© "non-existant" : s’il se laissait gentiment changer en "agneau"©, il aurait le "droit" d’"exister". Sinon il représente une "grave"© menace pour la "digne existence" des autres : dans ce cas, c’est lui qui est détourné ! Ainsi, l’autre façon de détourner « ses peurs » -moins anodine et plus radicale-, c’est bien sûr ce fichu "loup"© : il en est l’incarnation par définition. Le faire "non-exister", c’est aussi s’en détourner. « Quelle est ma place dans le monde ? Comment exister vraiment, dans ma dignité, par quels actes concrets ? [(2)] » Si le "loup"© est à la place du conjoint, le plus "urgent" des actes concrets est de "prendre conscience de ses craintes profondes". Celles du "loup"© sont indubitablement plus "profondes" que la peur de parler à son conjoint et de mettre son couple en danger ? Or, le "loup"© étant alors à la place du conjoint, tout va bien pour le conjoint "agneau"© survivant (pour combien de temps icon_sad.gif ?) : tant que le "loup"© "ne prend pas vraiment au sérieux icon_razz.gif [(2)] "son" problème" de "loup"©, qu’il ne se laisse pas gentiment changer en "agneau"©, c’est lui –et lui seul- qui "met le couple en danger"©. Du reste n’est-il pas précisément l’incarnation redoutable du "danger"©[26, APR note 151][39,com.28,29,32,33,44][3, notes 25,26] icon_twisted.gif ? Sous de tels auspices, la proposition de Mr Neuburger se voit complètement retournée : ainsi, sous l’impeccable alibi de la "prophylaxie"© anti-"loup"©, le conjoint "agneau"© va "se servir de ses complaintes à répétition" non plus pour "culpabiliser son entourage", mais pour lui faire peur à propos du "loup"©[20,art.4,5]. Ce qui lui fournit également un formidable alibi, lui conférant le "droit" de briser toute intimité du couple en l’ouvrant à tout le monde [6, APR note 12][40]sauf au "loup"©, bien sûr. Grâce à quoi, non seulement son entourage ne sera en rien culpabilisé, mais il aura été si efficacement apeuré qu’il s’en verra assez justif[20,art.1] pour s’enhardir à aller culpabiliser le "loup"© lui-même [20,art.6] : mettant son couple en danger avec d’autant plus de désinvolture [3, APR note 114] qu’il ne s’agit pas 2075168698.jpgdu leur [41], c’est à qui ne viendra pas "l’inonder de ses griefs" abondamment tartinés de pressions affectives : « Prend son malheur à charge [(2)]. » En d’autres termes : « Tu es le "loup"© : donc, la seule cause de son malheur (crime quasi impardonnable dans un contexte conjugal [19, AV note 96] !). Tant que tu persistes à rester le "loup"© (alors qu’à ce qu’"il paraît", il "existe"©[38, notes 53 à 56] tant de merveilleuses [42] méthodes permettant de changer les "loups"© en "agneaux"©[43][44][44bis][45][46] !…) tout malheur passé, présent et à venir est de ta faute… y compris le tien. » C’est là effectivement "de la culpabilisation « pure » qui cherche à apitoyer"[(2)] un "loup"© -quitte à l’en "harceler toute la journée"[(3)]- alors que personne n’en a aucunement pitié [29,9,11][47, notes 5,6] : entre le "loup"© et l’"agneau"©, lequel des deux attirera le plus spontanément la pitié sur un troupeau d’"agneaux"© icon_rolleyes.gif ?… 
     Ainsi le "loup"© est-il "prié toute la journée parce qu’on "sait"©[48] que c’est plus important"[49]. "Comment faire taire" sa "lupitude"© ? Même le rabbin de Mr Neuburger n’échappera pas au renversement de perspective ! À sa place, tout le monde répond : « Je n’y comprends rien, je n’y comprends rien. » (soit parce que c’est la faute du "loup"© -la sale bête râle "compulsivement"©[39,com.14][21, note 38][3, APR note 108] !-, soit parce que c’est décidément trop "compliqué"[19, AV note 21]…) « Je n’y comprends rien… mais je "conseille"©[51, APR note 57] comme si j’avais tout compris. »

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       On pourrait transposer la formule à un espace vert privé amoureusement entretenu. Sur un gazon sans défaut, trône une pancarte bien en vue : « pelouse interdite ». « Je ne sais pas lire, je ne sais pas lire »… mais tout le monde "sait" parfaitement enjamber la pancarte, pique-niquer, courir, creuser des trous dans l’herbe fraîche afin d’improviser un golf de fortune, puis laisser abondance de détritus. Lorsque le propriétaire revient sur les lieux, ô désolation : son précieux terrain est littéralement massacré [52] icon_cry.gif. Ou "mieux" : il était resté sur place, leur lisant à haute voix [53, notes 100 à 105]icon_surprised.gif le contenu de la pancarte. Las ; on lui aura répondu en chœur : « Nous n’y entendons rien, nous n’y entendons rien. » Seul contre tous, la malheureux n’aura pas davantage pu éviter le carnage. Dans les deux cas, s’il n’a pas pu, c’est aussi de sa faute ! C’est là, la clé… des "agneaux"©  : les "loups"© propriétaires râleurs n’ont pas besoin d'être écoutés [(3)], eux, mais d’être dévalorisés en "locataires"©[54][55][56].
      C'est alors une manière pour
les "agneaux"© piétinant la pelouse (et la broutant [57][58][47, note 12]) de "se sentir" valorisés_[59][60, APR note 76] icon_idea.gif.

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24/11/2011

"Science"© non exacte et foutages de gueule…

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2327630680.jpg       "Il est vraisemblable que nous constaterons, et ce n'est pas vraiment une surprise, que la science psychiatrique n'est pas une science exacte puisque le contrôle judiciaire avait vu ses modalités fixées après l'expertise psychiatrique"[1]


Vidéo ajoutée le lundi 28 octobre 2013[*]

          Il est vérifiable que nous constaterons, et ce n'est pas non plus une surprise, qu’il suffit de taper « la psychiatrie n'est pas une science exacte »[2] dans un moteur de recherche pour obtenir un résultat de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers d’occurrences. Pour nombre de ces dernières –ce n’est toujours pas une surprise-, l’internaute est immanquablement renvoyé quelque part du côté des Cévennes. Jusque en haut lieu, on sait donc parfaitement que la "science"©[3][4][5] "psychiatrique"© n’est pas une science exacte. Et puisque ce n’est pas vraiment une surprise, c’est bien parce qu’on le sait depuis longtemps. De même sait-on –ou devrait-on savoir- qu’il n’y a pas de dysfonctionnement [6] du contrôle judiciaire en soi, puisqu’il fixe ses modalités après l’"expertise"©©©[7][8, notes 34 à 38] "psychiatrique"©… mot qui, aujourd’hui (et à raison), se fait singulièrement insupportable aux oreilles de beaucoup de commentateurs. Il reste donc à savoir –du moins, à rappeler aux autruches- qu’il n’y a pas non plus de dysfonctionnement de l’"expertise"©©© "psychiatrique"© : celle-ci EST un dysfonctionnement en soi. Plus grave : elle encourage -voire engendre- le dysfonctionnement de tout ce qu’elle touche de près ou de loin : personne physique ET personne morale. À défaut d’être une "science"© exacte (sic), la ci-derrière "psychiatrie"© a bâti sa (fausse) réputation sur le monopole universel de sa "compétence"©[9, APR note 203] (re-sic) à juger de la cohérence d’autrui. Attendu qu’elle devrait alors censément être exemplaire de sa propre cohérence, il devrait donc être vraisemblable d’en constater les effets divers sur la plupart des acteurs qui ont recours à ses "services"© : les dits acteurs se faisant à leur tour des vecteurs de cohérence. Car plus la cohérenc639467791.jpge est constatée, moins le recours à la violence [10, AV note 14] le sera ; ce n'est pas vraiment une surprise non plus que le langage de la violence soit l’expression ultime de celui qui constate avoir épuisé toute autre forme d’expression –à commencer par celle de la cohérence-, voire qui se défend éventuellement d’une violence exercée au préalable contre sa personne : en cela, il ne fait jamais que répondre au schéma multiséculaire « œil pour œil, dent pour dent »… ou cherche tout simplement à sauver sa peau lorsque la cohérence la plus immédiate est la menace qui pèse sur celle-ci. En somme, si à défaut d’être une "science"© exacte, la ci-derrière "psychiatrie"© se distinguait au moins par une cohérence se situant au-dessus de la moyenne, dans son sillage le recours à la violence devrait pour le moins se faire anecdotique : se réduire à des exceptions, des "incidents de parcours".
       Ce serait vraiment une surprise… pour les quelques 70 000 personnes qui sont "hospitalisées"©[11, notes 40] en "psychiatrie"© contre leur volonté chaque année en France [12, APR note 60], parce qu’elles "présentent"©[13][14, notes 2,3] un "danger pour elles-mêmes ou pour les autres"©[15, note 165]. En théorie, tout le monde accepte l’idée qu’il faut respecter l’être humain et prendre en compte la personne [10, APR note 12]. En pratique, tout le monde accepte l’idée que quelques 70 000 personnes puissent être violemment "hospitalisées"© au nom de modalités fixées après "expertise"©©© "psychiatrique"©… quand ce n’est pas avant !

         « À première vue, un monde dans lequel on pourrait savoir à l'avance qu'un crime sera commis n'est ni possible, ni souhaitable. Ce n'est pas possible, parce que le futur n'est pas écrit, et qu'on suppose que les individus agissent librement.
Ce n'est pas souhaitable, surtout, pour deux raisons :
- d'abord, ça veut dire qu'on pourrait arrêter et condamner les gens alors même qu'ils n'auraient encore rien fait. Et donc, ils seraient innocents ;
- ensuite, parce qu'on considèrerait, de fait, qu'ils ne sont pas libres de leurs actes, et ne peuvent rien changer à leur avenir. »
[16]
- À seconde vue, aussi peu "possible" et "souhaitable" qu’il soit, il est à craindre que ce monde-là ne s’écrive pas qu’au cinéma : il s’en faut de quelques 70 000 personnes. Aujourd’hui, au nom d’une "science"© très officiellement réputée non exacte, on peut arrêter et condamner les gens alors même qu'ils n'ont encore rien fait (il suffit de cacher derrière des mots qui valent déni [10, note 12] le vocabulaire judiciaire et carcéral [17][17bis], au profit d’une sémantique [18, notes 25 à 45] que tout le monde acceptera…) Et donc, ils sont innocents… eux [19]Aujourd’hui, au nom d’une "science"© très officiellement réputée non exacte, on considère, de fait, qu'ils ne sont pas libres de leurs actes, et ne peuvent rien changer à leur avenir : les "troubles"©[20, APR note 55] dont sont "scientifiquement"© affectés ces malheureux ne rendent-ils pas "impossible leur consentement"©[21] ?
- À troisième vue, le sort pratique de ces innocents n’a rien à envier à ce qu’il eût été s’ils avaient été coupables [22, APR note 26][23, APR note 66]. Il est vrai que –tant que l’on ne poursuit pas d’investigation quelque part du côté des Cévennes- le grand intérêt (hors l’intérêt économique que tout le monde sait [24][25][26][27]…) d’une "science"© non exacte est de pouvoir impunément nier la singularité de l’autre et l’effacer [10, APR note 12][28, note 14] : parce qu'elle considère, de fait, que la face obscure qui existe en chacun de nous [10, APR note 12] existe tout de même "davantage" chez l’autre [29, notes 100 à 102] ! Ce qui est très acceptable pour tout le monde ; à condition toutefois de ne pas se voir fixées chez soi ses modalités (de survie ?) après "expertise"©©© "psychiatrique"© : exactement pas facile pour le singulier autre quand il se fait "expertiser"©©© à son insu et à distance [13][14, notes 2,3][30, notes 47 à 53]
- À quatrième vue, même si celui-là parvient à débusquer (à temps et à contretemps) ces multiples violences cachées autour de sa (peu avenante) "société", il constatera -et c'est vraiment le bas-fond de l’ignoble plutôt qu’une surprise-, que la violencepantin.jpg morale (et non "psychologique"©[29, notes 37 à 39] !) exercée contre sa personne –toujours sous couvert d’une "science"© non exacte- demeure intacte [31] et n’est jamais prise en compte par ceux-là même qui l’ont fomentée [32, APR note 112] : ce que l’"expert"©©© en personne n’est d’ailleurs parfois pas le dernier à déplorer [33, APR note 91]. À croire qu’ils ne peuvent rien changer à l’avenir saboté de l’autre : se pourrait-il qu'ils ne soient pas libres de leurs actes [34][35][36][37] ?…  Par conséquent, rien ne change d’un passif de violence morale, du fait que celle-ci assimile (pour tout le monde au présent) des gens qui n'ont encore rien fait, au profil délictueux [9, AV note 205] d’un adolescent ayant commis de telles horreurs que même un procureur (qui en a pourtant vu d’autres) se refuse publiquement de les détailler. Cette violence morale, personne n’en parle parce qu’elle est évidemment moins spectaculaire que l’autre : si l’on ose dire, elle ne tue qu’à petit feu. Dès lors, on peut bien chercher désespérément à nous "vendre" le portrait-type du "psychopathe"©[38][39] exceptionnel et hors normes [40] (est-ce bien cohérent, au sujet d’une "pathologie"© réputée –aux yeux des "experts"©©© et de leurs "innocents"- se répandre dans le monde comme une traînée de poudre ?…), serait-il vraisemblable que le "produit fini" agréât spontanément à quelques 70 000 personnes ? À moins que tout le monde accepte de les considérer également comme "exceptionnelles" et "hors normes". Mais dans ce cas, et face à un tel chiffre, quelle est donc la définition exacte de "l’exception"… et bien sûr, celle de la "norme"[41, APR note 4] ?

« …Sans se rendre compte de ce que tout ça implique : qui voudrait vivre dans un monde où on peut être arrêté et enfermé, non pas pour des actes qu'on a commis, mais pour des actes qu'on pourrait commettre dans l'avenir, alors que chacun revendique sans doute le droit d'être reconnu comme un individu libre de ses actes ?
C'est pourtant ça qu'on appelle la « 
dangerosité »
[9, note 195][42][43]
 : la possibilité ou la probabilité qu'a un individu de commettre un crime. Il faut sans doute penser à toutes ces conséquences quand on réclame des mesures supplémentaires pour prévenir l'avenir. »[16]
Des conséquences ? Qui voudrait vivre dans un monde où on peut s’arrêter aux conséquences [44, notes 29 à 35] ? il n’est plus guère d’individu libre de ses actes que celui qui revendique chez l’"expertisé"©©© son devoir de subir -et de subir lui seul [29, APR note 60] - les conséquences, non pas pour des actes qu'il a commis, mais des actes qu’auront commis contre lui des demandeurs d’"expertise"©©© à la petite semaine ! Ceci à la mesure de sa « dangerosité » "prédite"©[45] : car, en effet, « on voudrait justement que les "experts"©©©-"psychiatres"© puissent prédire l'avenir, et on a peur qu'ils se trompent »[16] (à l’exception notable de la réclamation d’un certificat de complaisance [46, APR note 54] de « dangerosité » d’autrui [47,com.10] ; dans ce cas précis, personne n’a peur ni de tromper ni de se tromper [48: personne ne pensant le moins du monde aux conséquences que cet acte impliquera auprès des proches [49] du promu « dangereux » par voie de "science"© non exacte, puis par voix de faux-derche [50][51]…). Face à cela, qui penserait encore à toutes ces conséquences ? Ce serait un coup à coller une migraine carabinée à ceux qui en ont perdu l’habitude [52][53][54][55][56!]

     C'est pourtant ça qu'on appelle le « spécialiste » incontournable de la « dangerosité »… sans se rendre compte de l’implication de toute l’historicité revendiquée [57, AV note 1][58] de sa "science"© non exacte : les chats n’étant pas réputés faire des chiens, il n’est pas besoin de mesure supplémentaire pour prévenir l'avenir en fonction de ce passif de fournisseurs d’"expertise"©©© que chacun peut reconnaître comme baromètres de la « dangerosité » au même titre que le renard [59][60][61] se reconnaît à sa  remarquable compétence de certification "scientifique"© es poules exactes [62].

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     Il reste donc à savoir –du moins, à rappeler aux autruches- qu’il n’y a pas non plus de dysfonctionnement de l’"expertise"©©© "psychiatrique"© : celle-ci EST un dysfonctionnement en soi. [0, APR note 8]. Ce qui, assurément, ne sera pas du goût de l’"expert"©©© "psychiatrique"© lui-même : du moins, celui qui parvient à se rendre compte de l’implication possible ou probable d’un tel rappel. Il pense sans doute à toutes ses conséquences (ce qui, en soi, est déjà une performance [44, notes 29 à 35] qu’il convient de saluer !). Car la "bonne" autruche est celle qui se fourre la tête dans le philosophie,politique,littérature,sociétésable, se privant de ses sens… et comptant donc sur ceux d’autrui afin de lui donner sens au singulier ; c’est-à-dire, cohérence. Ce qui rejoint, bien sûr, la "compétence"©[0, note 9] monopolisatrice que nous savons, à juger de la cohérence d’autrui. Par conséquent, on concédera à la "bonne" autruche son acquiescement à ce que « la psychiatrie ne soit pas une science exacte »… et ce faisant, on appuiera davantage sur l’"exacte" et moins sur la "science" : constater comme un dysfonctionnement "scientifique", c’est encore rendre hommage à l’aspect "scientifique", sans songer un instant à le remettre en cause. D’où le paradoxe –qui n’est qu’apparent- de l’"expert"©©© "psychiatrique"© se dévouant en montant au créneau, veillant à ce que les autruches ne relèvent pas la tête en les rassurant [63, note 3] par un "prêche" officiellement dirigé contre sa propre "paroisse".

     « Chambon-sur-Lignon : un psychiatre accuse la psychiatrie »[64], un titre pareil ne résonne-t-il pas simultanément du cri indigné de Zola et du coup de pied dans la fourmilière ? En somme, on va voir ce qu’on va voir ! Et l’on voit : « Réellement, je crois que la société ne doit plus tolérer ce degré d’approximation des expertises psychiatriques. Que ce soit du point de vue de la personne condamnée à tort ou de celui de la personne qu’on a laissée à tort se promener dans la rue, c’est insupportable. »(Appréciera la "personne condamnée à tort", qui est seule à en supporter toutes les conséquences, quand bien même elle n’aurait en rien le profil du tueur [65, notes 70 à 76]…) "S’agissant des pronostics de dangerosité, le psychiatre estime que ses confrères se trompent [48] en moyenne une fois sur deux ! (Ce qu’on savait déjà de la bouche d’un autre "expert"©©©[67], mais ne dérange personne tant que 883046484.jpgl’on n’incarne pas la "condamnée à tort"…) "Autant, ajoutait-il, s’en remettre au hasard !"… ou jouer aux courses [67com.,§3] : en attendant, on ne lui fait pas dire. De même que : « Le niveau des expertises psychiatriques françaises, il faut le dire, est souvent consternant » !!! "Et d’ajouter ce témoignage tout frais : « Hier en tribunal correctionnel, comparaissait un homme condamné en première instance. Interrogé sur un lien possible entre l’agression [dont cet homme était accusé] et le suicide de sa victime, l’expert a répondu : “Il a pu très certainement exister un lien !” Il a pu très certainement… c’est du Molière ! Et la personne a été condamnée là-dessus ! »"[64] Bien sûr : puisque cela fait très certainement exister le lien entre la fameuse "nécessaire indépendance" des "Magistrats" et leur effarante et mortelle psycho-dépendance [68, notes 134 à 142] ; "Magistrats" qui, sous toute latitude, "suivent généralement les recommandations des experts"[69, AV note 30] : que celles-ci concernent un non délinquant [68, APR note 108] ("pour des actes qu'il pourrait commettre dans l'avenir"©[0, APR note 41][68, notes 83 à 88] ? Il peut très certainement exister un lien [70] ! Et des chiens [71][72][73]) ou un tueur de 77 personnes, la "science"© non exacte est la même pour tous !

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     Non exactemais "s-c-i-e-n-c-e"© pour tous : ici, bien que nous ayant fort judicieusement renvoyé à Molière [74,im.2][75]([76, APR note 86]), l’"expert"©©© "psychiatrique"© ne lâche pas le morceau d’un iota. Aussi, ayant incidemment pris connaissance de la parution de sa "stupéfiante analyse"[64],"tient-il" beaucoup y apporter des précisions" avant de "donner l’impression (l’illusion [77, APR note 44] aussi ?) qu’il critique l’ensemble de ses confrères, ce qui n’est évidemment pas l’esprit de son intervention, certes critique"[78] ! (Il semble que l’esprit de Molière se confirme…) Passons pudiquement "sur les risques liés à l’approche essentiellement clinique, empreinte de subjectivité, qui prévaut encore dans nos tribunaux" : qui sait si cela ne pourrait pas entraîner un esprit retors et objectif (ou simplement scientifique : soyons fous !) à s’interroger sur les risques liés à l’approche essentiellement non clinique [30, notes 47 à 53][80, notes 2,3][81], tant dans l’espace que dans le temps [82, note 1][83, note 2118975141.jpg24] ? (Il est vrai qu’encore une fois, seule la "personne condamnée à tort" est censée éponger de tels risques [84, note 72][85, note 30][86, APR note 51] ! C’est tellement plus libérant [87, APR note 44] pour les autres…) Passons également sur "Nous devons progresser, nous devons gagner en rigueur [88], nous devons être à la pointe de notre discipline et nous former en permanence…"… et souhaitons bon courage aux zélateurs de la dite "discipline"© : une pointe d’humour permettra-t-elle de pallier le cruel déficit des autres pointes ? (À condition toutefois de ne pas incarner une "personne condamnée à tort", moins immédiatement encline [75, note 29/3] à la bonne farce [89]…) Et parvenons enfin au cœur "des précisions apportées" : « Ma critique, teintée d’une remise en cause dont je ne m’excluais aucunement, a donc été plus mesurée que ne le laissent supposer les seuls propos repris par [l’article paru en ligne le lundi 26 novembre 2011 [64]], qui ne sont en aucune façon le reflet du message critique que je délivre, lors de débats contradictoires dans les tribunaux, soulignant, avec un tact et un respect pour mes confrères que j’espère réciproque, l'intérêt pour les psychiatres français d'évoluer vers une approche plus scientifique de leur discipline. Il me semblait nécessaire de communiquer ces précisions, indispensables sur le plan déontologique. » De même, ne semble-t-il pas nécessaire de non seulement s’étonner que l’adjectif [90, note 52][91, note 17/2, APR note 60/2] "déontologique" figure encore dans le vocabulaire [92, notes 25 à 45] de la dite "discipline"© -fût-ce pour le décorum-, mais encore de relever la pépite noyée dans la masse ? Il est effectivement du plus grand intérêt d’apprendre que les "psychiatres"© français (ce qui n’exclut aucunement les autres nationalités !) cherchent à évoluer vers une approche plus scientifique de leur "discipline"©. Ce qui laisse plus que supposer qu’à ce jour, cette approche est moins scientifique : d’où, sans doute, cette malheureuse [77, APR note 30] non-exactitude "scientifique"© qui, parfois, n’est pas sans produire quelque "personne condamnée à tort" dans les tribunaux, tout en soulignant -avec tact et respect ?- l’absence totale de débats contradictoires [68, note 113] comme de contradicteurs [68, note 109] ! C’est dire qu’en matière de gains en rigueur, les zélateurs de la dite "discipline"© -et les tribunaux avec eux- ont une pointe singulièrement émoussée [93][94][95], teintant une remise en cause de couleurs aucunement claires : y prédominent le noir [96][97][98][99][100][101] et le gris [102][103][104][105][106][107][108][109](Il en existerait bien d’autres [110] ; mais hélas, elles sont sans intérêt -autre que financier [24][25][26][27][111]- : car faisant évoluer soit vers une approche plus "thérapeutique"©[111], soit vers une autre approche -plus tragique [112][113][114]-, soit enfin vers une approche plus comique [115][116][117]…) Et encore n’est-ce là qu’un amusant –mais pâle- reflet du message critique délivré, le propos étant plus mesuré que ne le laisse supposer l’évolution vers une approche plus scientifique d’une "discipline"© qui a pourtant eu près de deux siècles pour la "parfaire"[118] : sera-t-il indispensablesur le plan préhistorique [119, APR note 57][120][121][122][123][124][125]- d’"évoluer" vers une approche plus rudimentaire [126][127][128][129][130][131] pour s’en délivrer ?…

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     "La société ne doit plus tolérer ce degré d’approximation des expertises psychiatriques ? Que ce soit du point de vue de la personne condamnée à tort ou de celui de la personne qu’on a laissée à tort se promener dans la rue, c’est insupportable ?"[64] Fort bien ; mais concrètement, que fait-on afin de le faire baisser, "ce degré d’approximation" ? Où donc va-t-on prétendre puiser à la source de la "science"© en vue de la rendre moins inexacte ? Auprès de la personne condamnée à tort, ou bien de la personne qu’on a laissée à tort se promener dans la rue ? Cette dernière est d’ores et déjà à exclure : car la "science"© ne s’intéresse à elle qu’après son crime accompli, et consommé. Par conséquent, il est permis de supposer qu’on ne la laisse plus se promener dans la rue. Autrement dit, l’"expert"©©© "psychiatrique"© n’a plus que la personne condamnée à se mettre sous la dent : condamnée à raison (s’il s’agit, par exemple, de la première qu’on ne laisse plus se promener dans la rue)… ou condamnée à tort : doit-on tolérer qu’un "expert"©©© approximatif fût l’incontournable arbitre [132] à juger de ce tort éventuel ? Y compris le jour consacré à la tolérance [133], c’est insupportable ! Sauf pour ceux qui n’ont pas à en supporter les conséquences, toujours ; ce sont les mêmes qui vont applaudir à "une approche plus scientifique", "approche" sur laquelle ils se seront déjà largement défaussés : la personne condamnée à tort avec la bénédiction "scientifique"©, c’est nettement plus supportable. Ainsi, la société tolère merveilleusement qu’un "expert"©©© "psychiatrique"© de renommée internationale puise exclusivement sa "science"© "psychopathique"©[38][39] à la source des lieux d’incarcération de criminels [134, note 4]. Avec tact et respect pour le "psychopathe"© de service, avec tout l’intérêt répulsif [135] que son image reflète dans la société, que subsisterait-il de cet intérêt… si "on évoluait vers une approche plus scientifique" ? Aussi est-il indispensable (mais pas exactement sur le plan déontologique !) de maintenir la dite société dans un état d’hébétude admirative en lui donnant l’impression, l’illusion [77, APR note 44] d’"évoluer vers une approche plus scientifique" par la multiplication de signes moins approximatifs et plus cliniques. Car rien ne vaut l’approche essentiellement clinique afin de l’empreindre d’"objectivité"© ! C’est qu’aussi dithyrambique puisse être le "Masque de Santé Mentale"©[136, note 26] (entre autres), l’approche (mais pas de trop près [137, notes 1 à 5] !) du "psychopathe"© -ou assimilé- reste fortement empreinte de critique "comportementale"[138] à son encontre : donc, d’approximations ô combien subjectives, n’étant tolérées "scientifiques"© que par un esprit se gardant bien de l’être. Le fait est qu’on a beau surenchérir dans de telles approximations (comme si leur multiplication détenait le pouvoir de les rendre moins approximatives !) le réel est là, pour tous [77, AV note 41] : dans le constat amer d’une "science"© non exacte, se révélant invariablement à la sinistre faveur d’un crime odieux et surmédiatisé.

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Nonobstant, nous constaterons que les tribunaux restent englués [138][0, note 69] à chacune de ces affaires. Que celle-ci soit nouvelle comme au Chambon [139], nouvelle et ancienne comme en Norvège [140], ou ancienne et nouvelle comme dans l’Ain où des "experts"©©© auront si bien tardé à discerner du "discernement"©[141][142][143] que ce qu’il pouvait en rester de l’accusé -zombifié de neuroleptiques depuis les faits qui lui sont reprochés- aura eu le temps de passer par pertes et profits [144]. La société ne doit peut-être "plus tolérer ce degré d’approximation des expertises psychiatriques" mais où donc a-t-elle vu que le recours systématique aux dites "expertises" était un passage obligé, comme indispensable sur le plan déontologique ? Y aurait-il un "degré" dans la mort des victimes, selon que leur bourreau ait toute sa raison, ou non ? Passer outre les "expertises psychiatriques", ne serait-ce pas finalement plus insupportable que "la personne condamnée à tort ou celle qu’on a laissée à tort se promener dans la rue" ? Dans ce cas, ou c’est de l’addiction… ou la justice a condamné à tort des générations de criminels pendant des siècles, avant le règne omnipotent "des expertises psychiatriques" qui a mis fin à celui de l’iniquité ! Toujours est-il qu’avec l’avènement de celles-ci,Psy.gif qu'un crime soit commis et c’est la "santé mentale"© qui est la première servie : la justice attendra… si tant est que l’on parvienne encore à l’atteindre. La société n’étant pas un degré d’approximation près, elle associe automatiquement le concept "santé mentale"© au cerveau. En cela, elle est à "bonne école"… puisqu’elle ne fait jamais qu’emboîter le pas aux "experts"©©© "psychiatriques"© qui lui montrent l’exemple. Le cerveau, voilà qui annonce une approche essentiellement clinique ! Le cerveau [145, APR note 10], organe le plus noble de l’anatomie et sujet d’études éminemment scientifiques : à réserver aux initiés, ceux qui savent. Or, ceux qui savent (la crème des scientifiques, à l’évidence) ne dédaignent pas les raccourcis de langage à destination du vulgum pecus : celui qui ne sait pas. Ainsi ne procèdent-il plus tant à "des expertises psychiatriques" brossant un état de "santé mentale"© qu’à un "examen du cerveau" : ce qui est tout de même plus chic… et accessoirement, promis d’emblée à "évoluer vers une approche plus scientifique" : plus clinique. Les "experts"©©© "psychiatriques"© ont pu ainsi "analyser le cerveau de Kadhafi"[146]. De son vivant… et à distance, bien entendu : "experts"©©©, mais pas fous ! Naturellement, faute d’approche physique, l’approche scientifique et clinique en pâtit un tantinet. Mais le vulgum pecus ne s’en rend pas compte ; il suffit de lui rappeler de la main gauche qu’il-ne-sait-pas [147], puis -de la main droite- de prononcer à intervalles réguliers le mot "cerveau" : la magie opère, et l’ignorant obtempère ; notamment depuis cette ère heureuse "des expertises psychiatriques" qui permet avantageusement à tout un chacun d’user de son propre cerveau avec le degré d’approximation qui lui convient le mieux… L’idéal est bien sûr que ce degré soit globalement assez froid [148][149][150, notes 75 à 79] pour que les "experts"©©© "psychiatriques"© soient plus à leur aise dans cet art remarquable de pratiquer les "examens de cerveau" à distance. Cependant, il arrive que certains hissent un peu plus haut que les autres le seuil de la tolérance à leur degré d’approximation : s’ils s’y prennent à temps, ils évolueront alors vers une brillante carrière d’"expert"©©©. Sinon, -et s’ils se font surprendre à faire grimper leur degré d’approximation jusqu’à un seuil intolérable à l’"expert"©©©-, ce sera trop tard pour eux : loin de se faire "experts"©©©, ils se feront "expertiser"©©©. À distance s’il le faut, mais ils se feront "expertiser"©©©. Ils ont voulu prendre trop d’altitude ? Le vieux mythe [151] du "savant fou" aidant (l’"expert"©©©), ils vont être servis : ils se feront "expertiser"©©© au plus haut de l’échelle de Richter de la "dangerosité"©©© "psychiatrique"©identifier-sociopathes-travail-L-1.jpeg. Ce qui devrait –si tout va bien- semer une belle panique auprès de leur entourage qui, "prudent"©[152], s’est sagement maintenu tout en bas de cette même échelle… comme du seuil de la tolérance à son propre degré d’approximation. À celui-là, et en de telles conditions, il ne faudra pas demander d’établir une subtile distinction entre "dangerosité"©©© "psychiatrique"© et "dangerosité"©©© criminologique [67,com,§4] ! D’abord, il-ne-sait-pas ; ensuite, il a trop peur du nouveau "dangereux"©©© "psychiatrique"© pour en savoir davantage que ce qu’il sait déjà : alerte rouge au "psychopathe"© ou assimilé, point barre ! Enfin, la distinction "dangerosité"©©© "psychiatrique"©/"dangerosité"©©© criminologique (les deux se confondant irrémédiablement chez le non-"psychopathe"© de base) n’est de toute manière pas à mettre entre toutes les mains, puisque réservée à l’usage interne d’un "expert"©©© désireux d’éviter tout risque de subir sur sa personne les possibles conséquences de la confusion "dangerosité"©©© "psychiatrique"©/"dangerosité"©©© criminologique par le "dangereux"©©© lui-même. (D’où l’intérêt des "examens de cerveau" à distance, en dépit de leur handicap clinique…) L’usage externe, quant à lui, n’est également possible que par l’"expert"©©© : il s’agit cette fois pour lui de s’éviter tout risque de subir sur sa personne les possibles conséquences de la confusion "dangerosité"©©© "psychiatrique"©/"dangerosité"©©© criminologique par l’entourage du "dangereux"©©©. Si tout va bien, ici encore, celui-ci devrait atteindre un tel degré d’exaspération [153][154] face à celui-là qu’il n’est pas impossible d’envisager qu’il passe alors spontanément de sa "dangerosité"©©© "psychiatrique"© à un accès clinique de "dangerosité"©©© criminelle : ainsi cela pourrait-il laisser (in extremis !) supposer l’évolution vers une approche plus scientifique.

Notons que la démarche est sensiblement identique en sens inverse, c’est-à-dire dans le cas du dangereux criminel que personne –et surtout pas l’"expert"©©©[155, notes 88 à 90][156, APR note 63]– n’aura "détecté"© avant qu’il ne commette ses actes. Seul l’objectif [157] diffère. En effet, l’"expert"©©©  est requis ici, non plus pour semer la confusion "dangerosité"©©© "psychiatrique"©/"dangerosité"©©© criminologique, mais au contraire afin d’atténuer au maximum la dernière au profit de la première. L’excellence de son "expertise"©©© se mesure à ce que, contre toute attente (et toute évidence), il parvienne à convaincre un tribunal de "l’abolition du discernement"©[158, AV note 58] d’un dangereux criminel : plus le plateau de la balance [159] concernant celui-là penchera en faveur de la "dangerosité"©©© "psychiatrique"©, moins il sera criminellement"dangereux"©©© : sa condamnation sera alors plus légère, puisque le "tribunal suit généralement les recommandations des experts"[160, AV note 30]. (Sans doute est-ce là cette fameuse "pointe de notre discipline"[0, APR note 88]?) Avec "l’altération du discernement"©, l’"expertise"©©© se fait moins excellente ; mais elle reste bonne, la balance oscillant sur son point d’équilibre. Quoi qu’il en soit, il va sans dire que si l’"expert"©©© avait manqué sa vocation "psychiatrique"©, il eût embrassé une époustouflante carrière d’avocat [160][161,p.5]. Ce qui risque de devenir dangereux à la longue, attendu qu’on finit par ne plus très bien savoir qui est qui dans les tribunaux [162][163,com.§1][164] : Dieu merci, les costumes de scène [165][166] étant relativement préservés (jusqu’à quand ?), même le vulgum pecus doté d’une vue basse devrait parvenir à ne pas confondre le blanc avec le noir [0, notes 96 à 101]

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     Le dangereux criminel (que personne –et surtout pas l’"expert"©©©– n’aura "détecté"© avant qu’il ne commette ses actes), constitue cependant un atout majeur auprès de celui-là. Car "on ne le laisse plus à tort se promener dans la rue". Aussi le vulgum pecus en est-il pour ses frais s’il lui venait l’envie perverse de s’interroger sur la cohérence "scientifique" d’un "examen de cerveau"à distance : ici, notre "expert"©©© a ce qu’il lui faut pour "évoluer vers une approche plus scientifique de sa discipline", le dangereux criminel lui étant fourni –si l’on ose dire – clefs en mains, en chair et en os ; on ne saurait faire plus clinique ! Le handicap de la distance étant levé, "nous pouvons progresser, nous pouvons gagner en rigueur, nous pouvons être à la pointe de notre discipline et nous former en permanence…"[0, note 88]… et nous pouvons triomphalement titrer –avec un moindre degré d’approximation que pour Kadhafi [146]- : « Voici comment les experts vont examiner le cerveau de Breivik »[167] ! Le "cerveau" ayant été officiellement cité à comparaître, tout va bien : le béotien peut se rendormir, serein dans son état psypnotique [168, notes 155 à 157]. N’étant pas "expert"©©©, ce n’est pas son affaire de savoir que même avec la discipline –et les outils- les plus pointus, il n’est de réel examen clinique de cerveau que sur la table d’opération d’une morgue, par un médecin légiste (ce qui pose déjà problème en soi, la complexité mécanique du cerveau requérant plutôt de l’appréhender in vivo !). Aux dernières nouvelles, aussi dangereux criminel que soit le tueur norvégien -et aussi "pointus"© (sic) fussent ses "experts"©©©[169]-, il a toujours la tête sur les épaules, celle-ci n’ayant pas été finement découpée en tranches ou rôtie par les rayonnements radiologiques. Il leur aura même refusé un scan du cerveau [170], privant cruellement la "science" de la seule approche qui eût pu prétendre à un peu de clinicité ! Las : afin de compenser ce manque à gagner, on double la dose "diagnostique"©[169, notes 6 à 11]… pour faire "plus scientifique", sans doute. Ce qui n’est d’ailleurs pas sans générer des effets pervers immédiats auprès de ceux qui ont "bénéficié" avant lui d’un "diagnostic"© similaire [171], les malheureux craignant –à juste titre [172]- d’être assimilés (dans l’esprit du vulgum pecus) au tueur, sans autre forme de procès : autrement dit, de rejoindre la longue cohorte de "personnes condamnées à tort"… Même si une telle condamnation ne s’officialise pas nécessairement par un passage au tribunal –faute de crime à se mettre sous la dent-, ce ne sont pas quelques 70 000 personnes [0, note 11] qui démentiront quelque légitimité à ce type de crainte.

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     S’il y a le "cerveau" à comparaître, le must du clinique est encore le "cerveau" à comparer. Et là –ô merveille !-, apprenons que « le cerveau des "psychopathes"© (personnalité antisociale [ qu’il faudrait inventer si elle n’… avait pas déjà été inventée ] ) est différent »[173] ! "Une étude publiée dans le Journal of Neuroscience", c’est du sérieux. "Deux différentes technologies d'imagerie cérébrale", c’est de l'évolution béton vers une approche plus scientifique de la discipline. Cela devient si sérieux, si pointu de discipline et si formateur en permanence [0, note 88] qu’il n'est ni possible, ni souhaitable [0, note 16] d’imaginer un clown arrivant en fanfare sur la piste 3897768464.jpgdu cirque, tenant à peu près ce langage : « Bonsoââââr les petits n’enfants ! Saviez-vous que les images ont montré une quantité réduite de connexions entre le cortex préfrontal ventromédian, une partie du cerveau responsable de sentiments tels que l'empathie [91, APR note 129][133, AV note 1] et la culpabilité, et l'amygdale, qui est impliquée dans la peur et l'anxiété [173] ? » "Il serait vraisemblable que nous constaterions, et ce n'est pas vraiment une surprise, que"[0, note 1] :
- de tous les petits n’enfants présents, aucun ne s’esclafferait à de telles déclarations du clown ; il est même possible que certains en pleurent à chaudes larmes, trahis par des amygdales soudainement sollicitées à leur impliquer peur et anxiété : le "traumatisme psychologique"© n’est pas loin
- de leurs parents présents, tous choiraient dans une
psypnose [168, notes 155 à 157] proche de la catalepsie sitôt que le clown eût prononcé le mot "cerveau" ; pour peu qu’il subsistât une poche de résistance dans le public, le "cortex préfrontal ventromédian" devrait raisonnablement la vaincre
- si le clown exhibait fièrement sa carte (à jour de cotisation) de
"chercheur en psychologie et en psychiatrie"©, il s’assurerait le plein succès de son public… même s’il ne ferait rire personne.

     Ainsi, en pratique, tout le monde (petits et grands) accepterait tant et si bien l’idée que [10, APR note 12]« l'intégrité structurelle des fibres de la matière blanche reliant les deux zones (chez le "psychopathe"©) soit réduite et l'activité entre ces dernières fusse moins coordonnée [173] », tout le monde serait tant et si bien prosterné plus bas que terre [174] face à tant de "science"©,que personne ne s’aviserait un instant d’aller chercher plus loin, en amont ou en aval. Du reste, hormis notre ami le clown, personne n’aurait l’audace de se proclamer "chercheur en psychologie et en psychiatrie"©. Par conséquent, victoire : la conclusion –indiscutable- est qu’« il y a une anomalie du cerveau spécifique liée à la psychopathie criminelle ![173] » (Le clown ayant de nouveau prononcé opportunément le mot "cerveau", les spectateurs du premier rang –qui commençaient à donner d’inquiétants signes de réveil- retombent aussitôt dans leur état de léthargie psypnotique…) Le "chercheur"© peut être tranquille : personne n’ira vérifier chez son voisin l’intégrité structurelle des fibres de sa matière blanche, aucun n’étant venu au cirque avec son matériel technologique d'imagerie cérébrale sous le bras. C’est un peu à l’image (non cérébrale, celle-ci) de la sérotonine [175, notes 88][176, com.3,7] : qui songerait à aller percer le crâne de son voisin afin de lui fourrer son sérotonimètre [175, APR note 117] à 3568806603.jpgl’endroit ainsi aménagé pour l’accueillir ? Toujours personne, bien entendu. Par conséquent, que cette brillante « analyse, au moyen de deux différentes technologies d'imagerie cérébrale », porte sur « les cerveaux de 20 prisonniers ayant reçu un diagnostic de psychopathie (trouble de personnalité antisociale) et 20 prisonniers ayant commis des crimes similaires mais n'ayant pas reçu ce diagnostic », ne fera tiquer personne non plus. Sauf, peut-être, l’un de ceux qui, plus haut, craignait d’être assimilé aux pires des tueurs [171] : il retrouve ici, en effet, un contexte qui lui est sinistrement familier. Car ce n’est évidemment pas avec un panel de 40 prisonniers que l’image (toujours non cérébrale) du "psychopathe"© de service va s’en trouver grandie ! La ménagère de moins de cinquante ans, le plombier, le lycéen, l’avocat, l’écrivain ou nombre d’autres ne sont-ils donc pas équipés d’un cerveau comme tout le monde ? Qu’en est-il de l’intégrité structurelle des fibres de leur matière blanche ? Nul ne le sait, de tels sujets semblant désintéresser le "chercheur en psychologie et en psychiatrie"©. Il nous faut donc nous satisfaire de ces 40 prisonniers… et reconnaître au passage les méthodes d’"investigation" chères à Robert [134, note 4]. Maintenant, tous ces prisonniers ont commis des crimes similaires… mais 20 "seulement" ont reçu le "diagnostic"© de "psychopathie"©. N’est-ce pas précisément troublant que l’on puisse commettre des crimes similaires en ayant tantôt une "personnalité sociale" (!) tantôt "asociale" ? Hormis quelque éventuel visiteur de prison cherchant la petite bête, personne n’aura été vérifier sur place que l’"expert"©©© "pointu"© (re-sic) n’aura pas tiré ses prisonniers "diagnostiqués"© "psychopathes"© à la courte paille [151] ! Ce qui est assurément très pratique pour entretenir à la source la confusion "dangerosité"©©© "psychiatrique"©/"dangerosité"©©© criminologique, mais n’en est pas moins plutôt approximatif sur un plan déontologique [0, APR note 91]… Car l’"expert"©©© diagnostiqueur"© est apparemment intervenu en amont du "chercheur en psychologie et en psychiatrie"© : les mains nues, sans tout le bazar d'imagerie cérébrale… auquel on peut d’ailleurs faire dire ce qu’on veut, attendu que seul le "chercheur"© est censé en maîtriser le mode d’emploi.

     « Nous devons progresser, nous devons gagner en rigueur, nous devons être à la pointe de notre discipline et nous former en permanence…[0, APR note 88] » Bonne nouvelle : ayant entendu cette phrase de la bouche du clown, les petits n’enfants du cirque commencent enfin à se détendre les muscles zygomatiques ! Il est vrai qu’il finirait par être rigolo [172]… à condition, bien sûr, de ne pas le confondre avec Monsieur Loyal [173, APR note 33][174, note 19][175].

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